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Fibrillation atriale : une maladie de la personne âgée "qui peut avoir des conséquences graves"

Par Joséphine Argence

Fréquente chez les personnes âgées, la fibrillation atriale entraîne des anomalies du rythme cardiaque augmentant les risques d’infarctus cérébral. Focus sur la prise en charge de cette pathologie.

seb_ra/IStock
Très fréquente chez les personnes âgées, la fibrillation auriculaire est un trouble du rythme cardiaque.
La fibrillation atriale augmente les risques d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique.
Chez la personne âgée, un traitement anticoagulant est indiqué pour prévenir les risques d’infarctus cérébral.

Également appelée fibrillation auriculaire, la fibrillation atriale est un trouble du rythme cardiaque dont la prévalence augmente avec l’âge. Dans un cas sur trois, cette pathologie est asymptomatique, ce qui peut la rendre difficilement identifiable par les professionnels de santé. Pourtant, la fibrillation auriculaire doit être repérée, car elle expose à des risques plus élevés d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, ou d'infarctus cérébral.

La fibrillation auriculaire, une pathologie fréquente chez le patient âgé

En France, près de deux tiers des patients concernés par la fibrillation atriale sont des personnes âgées. Au-delà de 80 ans, un individu sur dix est touché par ce trouble du rythme cardiaque. "Les conséquences de la fibrillation auriculaire peuvent être graves en raison de la formation de caillots à l’intérieur du cœur, qui peuvent être ensuite envoyés dans la circulation cérébrale et venir ainsi oblitérer une artère cérébrale. Ce phénomène peut être à l’origine d’un infarctus cérébral", explique le Professeur François Puisieux, gériatre et professeur de gériatrie au CHU de Lille. L’AVC peut provoquer des déficits - en particulier une hémiplégie, une paralysie n'affectant qu'un seul côté du corps - qui altèrent la qualité de vie.

Il est donc important d’identifier précocement la fibrillation auriculaire, afin de prévenir ces risques. De nombreux traitements sont efficaces pour la soigner. Ce trouble du rythme peut notamment être corrigé, afin de revenir à un rythme sinusal normal avec un risque très diminué d’AVC. Néanmoins, cette prise en charge n’est pas l’option privilégiée pour les patients âgés dont la fibrillation auriculaire s’est installée sur un cœur déjà vieilli. Il est donc difficile de maintenir un rythme sinusal normal de manière définitive.

Fibrillation atriale : quels sont les traitements indiqués pour les personnes âgées ?

Chez la personne âgée, le médecin opte plutôt pour un traitement anticoagulant, qui permet de réduire de 70 % les risques d’AVC ischémique. "Il doit être pris avec attention, car il comporte un risque hémorragique", prévient le gériatre. Avant d’ajouter : "le rapport bénéfice-risque, autrement dit les avantages en termes de prévention d’AVC et les désavantages en termes d’hémorragie, est toutefois maximal chez la personne âgée."

Autre bénéfice du traitement anticoagulant : il permet de préserver les fonctions cognitives de la personne âgée. La fibrillation auriculaire envoie des caillots vers le cerveau pouvant être responsables d’un infarctus cérébral, qui peut conduire, à long terme à l’apparition de troubles neuro-cognitifs impactant la mémoire.

"Il est donc essentiel de diagnostiquer la fibrillation auriculaire chez le sujet âgé et de mettre en place un traitement anticoagulant. On dispose désormais de nouveaux traitements anticoagulants qui sont probablement plus efficaces et présentent moins de risques hémorragiques que les anciens médicaments", conclut le Professeur François Puisieux.