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Transplantation

Syndrome de Rokitansky : une troisième greffe d’utérus réalisée en France

Par Joséphine Argence

Une troisième patiente née sans utérus a bénéficié de la transplantation de celui de sa mère à l’Hôpital Foch à Suresnes.

Dimple Bhati/IStock
Le 21 octobre, la troisième transplantation française utérine a été pratiquée à l’Hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine).
Cette intervention a été réalisée par des équipes française et suédoise, qui ont développé une technique de pointe : l’hystérectomie par chirurgie mini-invasive robotique.
En France, trois enfants sont nés à la suite d’une greffe d’utérus.

La troisième greffe d’utérus française a été effectuée le 21 octobre dernier à l’Hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine). Les deux premières transplantations ont été réalisées en 2019 et en 2022. Cette intervention a duré plus de 18 heures et 20 soignants étaient présents dans le bloc opératoire.

Des greffes d’utérus pratiquées auprès de patientes touchées par le syndrome de Rokitansky

Les trois patientes ayant reçu les greffes étaient atteintes du syndrome de Rokitansky (MRKH), une affection congénitale rare, qui se traduit par l’absence d’utérus. Il concerne environ une naissance sur 4.500. Dans le cas d’Océane, la troisième patiente, "la greffe a été réalisée à partir de l’utérus d’une donneuse vivante (sa mère). Tout s’est déroulé comme prévu, les deux patientes se portent bien et sont sorties de l’hôpital", peut-on lire dans un communiqué de l’Hôpital Foch.

Ces exploits médicaux résultent de travaux menés par les équipes du Professeur Jean-Marc Ayoudi, gynécologue-obstétricien, en collaboration avec l’équipe du Professeur Mats Branstrum de l’université de Göteborg (Suède). Ils ont ainsi pu développer une technique très pointue : l’hystérectomie par chirurgie mini-invasive robotique. "On retire l’utérus grâce à un robot, qui nous offre une meilleure visibilité et des gestes beaucoup plus précis", a expliqué le Professeur Jean-Marc Ayoudi à France Inter.

La naissance d’un troisième bébé après une greffe de l'utérus

Quelques jours après la troisième transplantation d’utérus, le 31 octobre, Anaïs, la patiente ayant bénéficié de la seconde transplantation utérine française, a mis au monde Léonie, sa première petite fille, à l’Hôpital Foch. Il s’agit du troisième bébé né d’une greffe d’utérus en France, après Misha et Maxine, les deux petites filles de Déborah, première greffée. Cette naissance survient un an après qu’Anaïs ait bénéficié d’une greffe d’utérus venant de sa sœur aînée. "Cet enfant est un miracle (…) Quand je la regardais, la première nuit, dans mon lit, je me disais : 'Elle n’aurait jamais dû être là'. S’il n’y avait pas eu cette technique médicale, s’il n’y avait pas eu ma sœur, rien de tout ça ne serait arrivé", a raconté la jeune maman à France Inter. La grossesse a eu lieu après le premier transfert d’embryon.

À l’échelle mondiale, une centaine de transplantations utérines ont été pratiquées, et une cinquantaine d’enfants sont nés d’une mère ayant bénéficié d’une greffe. Le Professeur Jean-Marc Ayoubi souhaite continuer à développer cette intervention, afin de la rendre plus accessible. "Il est clair que cette technique est mieux maîtrisée, plus simple et on espère la faire évoluer vers une technique encore plus simplifiée (…) Il n’est pas question de donner un faux espoir trop grand à toutes les femmes qui sont nées sans utérus. Et même si ça reste une opération lourde, plus on la pratique et plus on améliore la technique", a-t-il indiqué.

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