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Épilepsie : les crises peuvent être liées aux habitudes de sommeil et au stress

Par Camille Sabourin

Les habitudes de sommeil et les hormones du stress pourraient être la clé pour comprendre comment et quand les patients épileptiques sont susceptibles de subir des crises.

BeritK/iStock
Dans le cadre d’une étude, des chercheurs australiens et britanniques ont utilisé une modélisation mathématique et analysé les enregistrements de 107 adultes souffrant d'épilepsie.
Deux sous-groupes avec des distributions distinctes de décharges épileptiformes ont été découverts. L'un avec une incidence plus élevée pendant le sommeil et l'autre pendant la journée.
La dynamique du cortisol, la transition des phases de sommeil, ou une combinaison des deux, expliquait la plupart des distributions observées des décharges épileptiformes chez les patients.

En France, environ 600.000 personnes souffrent d’épilepsie, dont la moitié a moins de 20 ans. Pour rappel, cette maladie neurologique est associée à différentes anomalies, notamment des crises récurrentes et spontanées. "On suppose que ces dernières se produisent de manière aléatoire. Cependant, de précédentes recherches ont découvert des rythmes sous-jacents à la fois dans les crises et dans les principales signatures de l'épilepsie (ce que l'on appelle l'activité épileptiforme intercritique) avec des échelles de temps qui varient de quelques heures et jours à plusieurs mois", ont indiqué des scientifiques australiens et britanniques.

Épilepsie : une incidence plus élevée des décharges épileptiformes durant le sommeil ou la journée

Afin de comprendre les mécanismes physiologiques qui déterminent ces schémas rythmiques des décharges épileptiformes, les chercheurs ont quantifié l’impact du stress, du manque de sommeil et de la fatigue. Chez de nombreux patients épileptiques, ces trois facteurs physiologiques sont identifiés comme ceux qui déclenchent les crises. Pour les besoins des travaux, parus dans la revue PLOS Computational Biology, l’équipe a ainsi analysé les enregistrements d’électroencéphalogramme (EEG) de 24 heures de 107 personnes atteintes d'épilepsie.

Les auteurs ont découvert deux sous-groupes avec des distributions distinctes de décharges épileptiformes : l'un avec une incidence plus élevée pendant le sommeil et l'autre pendant la journée. À l’aide d’une modélisation mathématique, ils ont ensuite constaté que la dynamique du cortisol (soit l’hormone du stress) ou de la transition des phases de sommeil, ou une combinaison des deux, pourrait expliquer la plupart des distributions observées des décharges épileptiformes.

Sommeil, stress : "des facteurs physiologiques sous-jacents aux rythmes" des crises épileptiques

"Nos résultats fournissent des preuves conceptuelles selon lesquelles les habitudes de sommeil et les changements de concentration de cortisol sont des facteurs physiologiques sous-jacents aux rythmes des décharges épileptiformes. Notre approche mathématique fournit un cadre pour mieux comprendre quels facteurs facilitent l’apparition d’une activité dysfonctionnelle et déclenchent potentiellement les crises qui peuvent être si débilitantes pour les personnes souffrant d’épilepsie", ont conclu les chercheurs dans un communiqué.