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Maladies infectieuses

La surveillance des eaux usées : un outil d'alerte efficace en cas de pandémie

Par Camille Sabourin

La surveillance des eaux usées pourrait être un système d'alerte précoce lors de futures pandémies, et aider ainsi les pays à mieux lutter contre la propagation des maladies infectieuses.

Francesca Leslie/istock
La surveillance des eaux usées pourrait servir de système d'alerte précoce en cas de pandémie, selon une nouvelle étude.
Pour ces travaux, des échantillons provenant de stations d'épuration, de rivières, de zones humides et de drains à ciel ouvert ont été réalisés en 2022 dans 43 pays.
Pour que le contrôle des eaux usées aide efficacement à lutter contre les pandémies, les gouvernements et les institutions sanitaires doivent travailler ensemble et établir un cadre global.

L’Organisation mondiale de la Santé a récemment levé son alerte maximale sur la pandémie de la Covid-19. Toutefois, elle a rappelé au même moment que la vigilance devait rester de mise en raison de la persistance du virus SARS-CoV-2. Pour éviter une résurgence de la maladie, la surveillance des eaux usées pourrait être un outil précieux, selon une nouvelle étude internationale.

Covid-19 : l'analyse des eaux usées aide à lutter contre la maladie

Les travaux, menés par le Murdoch Children's Research Institute, la Fondation Rockefeller, Mathematica et l'Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni, ont confirmé l'efficacité de la surveillance des eaux usées en tant que système d'alerte précoce de la propagation de maladies infectieuses comme la Covid-19.

Pour cette expérience présentée dans la revue The Lancet Global Health, des échantillons provenant de 43 pays sur six continents ont été prélevés dans des stations d'épuration, des rivières, des zones humides et des drains à ciel ouvert. "Nous avons découvert que le dépistage de la Covid-19 dans les eaux usées était un moyen efficace et objectif de mesurer où la maladie se propageait, la plupart des échantillons étant traités en moins de quatre jours", a indiqué la professeure Julie Bines, l'une des auteures de l'étude, dans un communiqué.

La chercheuse estime ainsi que l'épidémie de la Covid-19 aurait connu un déroulement différent si la surveillance des eaux usées avait été systématique au début de sa progression. "Les experts auraient peut-être identifié le SARS-CoV-2 beaucoup plus rapidement. Même si la propagation de la pandémie était inévitable, les systèmes de santé auraient pu mieux se préparer aux retombées avec un préavis plus avancé, sauvant de nombreuses vies", déclare-t-elle.

Pandémie : il faudrait un cadre international pour la surveillance des eaux usées

Bien que la méthode de surveillance des eaux usées se soit révélée efficace, il lui manque un cadre international, selon les chercheurs. Les données obtenues lors de l'étude ont été partagées en interne et avec des organisations partenaires, mais n'ont pas été rendues publiques.

"Pour vraiment faire progresser la surveillance des eaux usées, nous avons besoin d'un cadre mondial qui comprend des tests, une capture et des rapports de données améliorés, ainsi qu'une surveillance éthique qui ne marginalise pas davantage les communautés défavorisées", a estimé l'experte.

"De cette façon, nous pourrions identifier de nombreuses menaces sanitaires actuelles et futures comme le choléra, le mpox (anciennement monkeypox), la grippe et la typhoïde, avant qu'ils ne s'emparent d'une communauté. Mais nous avons besoin de soutien pour développer des systèmes capables de capturer, d'interpréter et de communiquer avec précision les données de différentes régions, en particulier les communautés vulnérables avec une infrastructure limitée".