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SARS-CoV-2

Un nouveau « leurre », arme fatale contre les coronavirus ?

Par Margot Montpezat

Une nouvelle étude révèle qu'un "leurre" expérimental, qui empêche le virus du Covid-19 d’envahir les poumons, a fourni une protection à long terme contre l'infection par le virus pandémique chez la souris.

appledesign/iStock
Des chercheurs ont utilisé la cible principale d’attaque du Covid-19 pour créer un “leurre” capable de protéger l’organisme du virus.
Cette technique pourrait être efficace en prévention et en traitement du Covid, d'après leur étude sur des souris.
Ce “leurre” serait également capable de combattre les autres coronavirus indiquent les auteurs.

L’étude du virus responsable de la pandémie de Covid-19 a permis de faire une découverte de taille pour lutter contre les infections.

En effet, des chercheurs américains ont utilisé la manière dont le SARS-CoV-2 s’attaque aux poumons humains pour créer un “leurre” capable de protéger du virus.

Un "leurre" qui utilise la cible du virus du coronavirus 

Les auteurs de cette étude parue dans Proceedings of the National Academy of Sciences expliquent que le virus s’attache à une protéine appelée "enzyme de conversion de l'angiotensine 2" (ACE2) à la surface des cellules qui tapissent les poumons humains.

Cette protéine permet au virus de se rapprocher et de pénétrer dans la cellule pulmonaire et de détourner sa machinerie pour fabriquer des copies virales.

Pour lutter contre l’infection, les chercheurs ont utilisé une version de l'ACE2, qui, contrairement à la version naturelle liée à la cellule, n'est pas attachée à la surface de la cellule : le "leurre" flottant se lie au virus par les extrémités, que les chercheurs ont liées à un anticorps dans le but de renforcer son effet antiviral.

"Leurre" anti-covid : le traitement a été efficace à 100 % 

Cette technique est beaucoup plus efficace que les anticorps monoclonaux développés par les sociétés pharmaceutiques pour éviter les hospitalisations et les décès mais qui ne sont pas capables de faire face aux mutations du virus. Le leurre, lui, imite la cible principale du virus, l'ACE2.

Les avantages sont multiples. La personne est protégée à long terme contre le Covid-19, sans avoir besoin d'un traitement continu, et là où les vaccins sont moins efficaces sur les personnes dont le système immunitaire est affaibli, les approches de leurre pourraient être très utiles pour les patients immunodéprimés dans le monde entier.

D’après les chercheurs, le traitement par le leurre, soit par injection, soit par gouttelettes dans le nez, a ainsi protégé 100 % des souris de l'étude lorsqu'elles ont été infectées en laboratoire par une dose de SRAS-CoV-2 qui aurait pu être mortelle. Le leurre a en outre permis de diviser par 100.000 la charge virale chez les souris.

Le "leurre" protégerait de tous les coronavirus 

Le traitement par leurre de souris déjà infectées par le SRAS-CoV-2 a également entraîné une chute rapide des niveaux viraux et un retour à la santé. Selon les chercheurs, cela suggère que le leurre pourrait être efficace en tant que thérapie post-infection, à l'instar des anticorps monoclonaux - mais également compétent contre tous les coronavirus.

En effet, l'approche promet d'être efficace même si un autre coronavirus, un type de virus commun aux oiseaux et aux chauves-souris ou aux singes, devait être transféré à l'homme à l'avenir :

"Tant que le futur virus utilise également l'ACE2 pour cibler les cellules, le leurre serait prêt à être mis sur le marché peu après l'apparition d'un foyer. Si le virus changeait son récepteur pour une autre protéine à la surface des cellules pulmonaires, le leurre pourrait être modifié pour cibler le nouveau virus”, explique l'auteur principal de l'étude, Nathanial Landau, professeur au département de microbiologie de NYU Langone Health, à New York.