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Prosopagnosie

Cécité faciale : faites-vous partie de ces personnes incapables de reconnaître un visage ?

Par Diane Cacciarella

La cécité faciale ou prosopagnosie, un trouble qui se manifeste par une difficulté à reconnaître les visages, serait plus répandue qu’on ne le pense dans la population, selon une nouvelle étude. 

shironosov/iStock
La prosopagnosie concerne plus de personnes qu’on ne le pense.
Cela vient du fait que ce trouble est sous-diagnostiqué.
Les auteurs recommandent donc d’élargir les critères de dépistage.

3,08 % des participants à l’étude qui vient d’être publiée dans la revue Cortex seraient concernées par la cécité faciale. Ce trouble, aussi appelé prosopagnosie, peut être défini comme une incapacité à reconnaître les visages des personnes que vous avez pourtant déjà vues ou même son propre visage, en photo par exemple. Chez certains patients, la cécité faciale est présente dès la naissance tandis que pour d’autres, elle se développe après une lésion cérébrale. 

La prosopagnosie, un trouble touchant plus de 3 % des participants

Pour parvenir à leur résultat, les chercheurs ont tout d’abord demandé à 3.341 participants s’ils avaient des difficultés, dans leur vie quotidienne, à reconnaître les visages. Ensuite, ils ont passé des tests pour vérifier leurs déclarations. 

Résultats : 31 participants avaient une prosopagnosie sévère et 72 une forme plus bénigne. Ainsi, ces 103 personnes représentaient 3,08 % de l’ensemble des participants. Néanmoins, les scientifiques estiment que la différence entre les formes sévère et bénigne n’était pas très importante. Autrement dit, toutes les personnes concernées par la cécité faciale avaient des symptômes handicapants. 

Pour les auteurs de cette étude, les critères de diagnostic devraient être élargis car beaucoup de personnes qui souffrent de prosopagnosie bénigne ne seraient donc pas dépistées par les tests classiques. En effet, ceux-ci seraient trop stricts et ne permettraient de ne diagnostiquer que les formes les plus importantes de ce trouble. Selon le DailyMail, le taux de prévalence généralement admis pour la prosopagnosie est entre 2 et 2,5 % de la population mondiale adulte. Un chiffre inférieur aux 3 % trouvés par les scientifiques. 

Des critères trop stricts de diagnostic de la prosopagnosie 

Premièrement, la majorité des chercheurs ont utilisé des critères diagnostiques trop stricts et de nombreuses personnes ayant des problèmes importants de reconnaissance faciale dans la vie quotidienne se sont fait dire à tort qu'elles n'étaient pas atteintes de prosopagnosie, explique Joseph DeGutis, professeur agrégé de psychiatrie à la Harvard Medical School. Il est important d'élargir le diagnostic, car savoir que vous avez des preuves objectives réelles de prosopagnosie, même une forme bénigne, peut vous aider à prendre des mesures pour réduire ses impacts négatifs sur la vie quotidienne, comme en parler à des collègues ou chercher un traitement.” 

Un trouble à surveiller d’autant plus que certains facteurs, comme l'âge ou l'anxiété sociale, pourraient aggraver la prosopagnosie. “Des preuves suggèrent que les personnes atteintes de formes plus légères de cécité faciale peuvent bénéficier davantage de certains traitements que celles atteintes de formes plus graves, poursuit Joseph DeGutis. Ces traitements peuvent inclure un entraînement cognitif pour améliorer les capacités de perception ou un entraînement visant à améliorer les associations faciales.” 

Pour savoir si vous êtes atteints de ce trouble, vous pouvez faire ce test... Et en parler à votre médecin si le résultat indique que vous souffrez de cécité faciale.