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Effets indésirables

Antarène Codéine : un médicament toxique pour les reins sur le long terme

Par Margot Montpezat

L’ANSM alerte sur les graves effets indésirables en cas de prise prolongée de l’Antarène Codéine, un médicament antidouleur qui associe l'ibuprofène et la codéine.

Ridofranz/iStock
Pour limiter les risques, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a demandé que ces effets indésirables soient ajoutés au résumé des caractéristiques du produit (RCP) et à la notice du médicament.
En France, tous les médicaments contenant de la codéine sont soumis à une prescription médicale obligatoire depuis 2017 ( source : ANSM).

Une toxicité rénale et intestinale pouvant conduire au décès”, voilà le risque qu’entraîne l’Antarène Codéine lorsqu’il est pris à des doses élevées ou sur une durée prolongée a fait savoir l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) dans un communiqué publié hier.

Quels sont les risques d'Antarène Codéine ? 

Plusieurs cas de toxicité rénale, gastro-intestinale et métabolique ont été signalés dans des pays où il est disponible sans ordonnance : "La prise prolongée de ce médicament cause des atteintes rénales (insuffisance rénale) et une baisse importante du taux de potassium dans le sang (hypokaliémie) pouvant être à l’origine de faiblesse musculaire et de troubles de la conscience. Des perforations et hémorragies dans l’estomac ou les intestins ainsi qu’une anémie sévère ont également été observées”, a détaillé l’ANSM.

L’Antarène Codéine est un médicament indiqué en cas de douleurs aiguës d'intensité moyenne à sévère, qui ne sont pas soulagées par la prise d'un antalgique seul. Il associe en effet deux antidouleurs, l’ibuprofène et la codéine, une molécule opiacée, comme l’est la morphine.

Le risque d’abus et de dépendance est donc réel : "Si vous ressentez le besoin de consommer le médicament Antarène Codéine à des doses supérieures ou à des durées plus longues que celles recommandées, consultez un médecin”, conseille l’ANSM.

Un AINS doit être pris avec précautions

L’ibuprofène, quant à lui, fait partie des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), des médicaments qui ont en commun quatre propriétés : anti-inflammatoire (actifs contre l’inflammation), antalgique (agissent contre la douleur), antipyrétique (aident à lutter contre la fièvre) et antiagrégant plaquettaire (fluidifient le sang).

Il existe des règles de bon usage lorsque l'on prend de l'ibuprofène, comme pour tous les AINS : "Utilisez la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte. Arrêtez le traitement dès la disparition des symptômes. Evitez les AINS en cas de varicelle. En cas de fièvre, ne prolongez pas le traitement au-delà de 3 jours. En cas de douleur, ne prolongez pas le traitement au-delà de 5 jours. Ne prenez pas deux médicaments AINS en même temps”, rappelle l’ANSM.

Il est plutôt conseillé de privilégier le paracétamol en cas de douleur et/ou fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine ou une toux, en faisant toutefois attention à prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible.