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Perturbateur endocrinien

5 conseils pour éviter l’exposition aux phtalates liée aux naissances prématurées

Par Rafaël Andraud

Une étude américaine pointe le lien entre l’exposition aux phtalates, des perturbateurs endocriniens néfastes pour la santé présents dans les plastiques, et les accouchements prématurés. Voici cinq conseils pour s'en prémunir.

SerrNovik/iStock
En France, un enfant nait prématurément (c'est-à-dire avant 8,5 mois de gestation) toutes les huit minutes, ce qui représente 60.000 naissances par an.
Le Réseau environnement santé, qui a permis l'interdiction du bisphénol A, demande au ministère de la Santé de mener des campagnes auprès des parents, qui ne sont pas assez informés selon cette association.
Diminuer de 50 % les contacts avec les phtalates permettrait d'éviter 7.200 naissances prématurées dans le pays.

La présence de composés chimiques appelés phtalates, des perturbateurs endocriniens nocifs pour la santé présents dans les matières plastiques et que l'on retrouve dans des aliments et des objets du quotidien, pourrait aussi provoquer des accouchements prématurés, selon une étude américaine relayée par Le Parisien. Publiée dans la revue JAMA Pediatrics, cette étude établit un lien solide entre ce contact avec les phtalates et l'accouchement prématuré.

Cependant, certains gestes permettent d'éviter une exposition trop importante. Voici les conseils du président du conseil d'administration de Réseau environnement santé, le toxicologue et chercheur en santé environnementale André Cicolella, interrogé au micro d’Europe 1 ce matin du 8 novembre.

Éviter l'alimentation ultra transformée et les plats en plastique au micro-ondes

Dans la cuisine, "on ne réchauffe pas un plat en plastique au micro-ondes, par exemple", souligne le chercheur. Durant les repas, il faut éviter l'alimentation ultra transformée "parce qu'elle est transformée dans des récipients en plastique, donc elle se contamine à ce niveau-là", ajoute-t-il.

Les résultats d’une étude américaine de 2016 avaient montré que les personnes adeptes du fast-food étaient plus exposées aux phtalates que les autres. Les concentrations de DEHP, et de DINP (des phtalates) étaient, 23,8 % et 40 % plus élevées dans leurs urines que dans celles des personnes ne consommant pas de fast-food. La viande et les céréales seraient particulièrement sujets à la contamination aux phtalates. Les grains utilisés dans de nombreux aliments comme les pizzas, le pain ou les gâteaux seraient également une source importante d’exposition.

Privilégier le bio et le verre

Côté salle de bain, il faut également "éviter le contact avec certains cosmétiques" et privilégier "les cosmétiques bio qui sont sans phtalates". De façon générale, privilégier le bio est un réflexe salvateur.

De même, 60 Millions de Consommateurs conseille d’utiliser plutôt du verre que du plastique et éviter les revêtements de sol en PVC (lino, vinyle…). Par mesure de précaution, tout produit pouvant contenir un retardateur de flamme peut être substitué par une alternative.

Phtalates : attention aux fournitures scolaires

Enfin, de nombreux produits du quotidien sont aussi source d’exposition. Par exemple, les fournitures scolaires sont particulièrement sujettes aux phtalates. L'Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses) délivre quelques recommandations à suivre au moment de l'achat de vos fournitures. Premièrement, regarder les étiquettes des produits, repérer les éventuels pictogrammes de danger pouvant indiquer un élément nocif, irritant, inflammable ou corrosif et repérer le marquage CE (en vigueur pour les jouets).

De manière générale, privilégier les produits simples, sans substance parfumante ou autre artifice qui peut détourner l'usage principal par les enfants, comme le "machouillage" ou l'ingestion.