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Maternité

Les sages-femmes dénoncent des entraves à la grève

Les sages-femmes sont en grève depuis une semaine. Les syndicats dénoncent des manoeuvres du ministère pour bloquer le mouvement.

Les sages-femmes dénoncent des entraves à la grève FACELLY/SIPA

  • Publié 23.10.2013 à 11h28
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Depuis le mercredi 16 octobre, des sages-femmes de toute la France font grève. Avec « plus de 60 % des maternités françaises qui suivent le mouvement à l'heure actuelle, le bilan est plus que positif. Et notre action prend encore tous les jours de l'ampleur, avec de nouvelles grévistes qui nous rejoignent », confie Caroline Raquin, présidente de l'Organisation nationale des syndicats de sages-femmes (ONSSF), contactée par pourquoidocteur. Dans cette bataille qu'elles ont engagée avec le ministère de la Santé, ces professionnelles réclament notamment une reconnaissance, en accédant enfin au statut de praticien hospitalier, elles qui sont pour le moment toujours considérées comme une profession paramédicale. Mais du côté des retombées politiques, le compte n'y est toujours pas, selon elles. Pire, les syndicats de sages-femmes s'insurgeaient mardi 22 octobre dans un communiqué parce que leur droit de grève serait bafoué dans plusieurs maternités !

Le ministère soupconné de vouloir bloquer la grève
Un préavis de grève national des sages-femmes a été déposé le 2 octobre 2013 par la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC santé), qui couvre l'ensemble des champs du sanitaire, secteur public comme privé. « Ceci n’a pas empêché plusieurs établissements tant publics que privés d’essayer de dissuader les sages-femmes de faire grève, prétextant ne pas être au courant », précise le communiqué. 
Lors de l'envoi d'un préavis national, la cellule de veille de la direction générale de l'Offre de soins (DGOS), doit normalement faire suivre l'information à toutes les régions. Or dans plusieurs établissements ce travail n'a pas été fait, indique Caroline Raquin. Alors, qui n’a pas fait son travail ? la DGOS ? les ARS ? 

Ecoutez Caroline Raquin, présidente de l'ONSSF : « On peut supposer que le dysfonctionnement vient de la DGOS parce que ça fait quand même beaucoup d'établissements qui ne sont pas informés...»



« Des pressions, voire des chantages de DRH »
Par ailleurs, même si Caroline Raquin et les sages-femmes se sentent dans la plupart des établissements soutenues par leur direction, la présidente nous relate néanmoins certains épisodes malencontreux qui ont eu lieu. Dans quelques maternités, elle indique que les administrations hospitalières ont tenté de bafouer le droit de grève de ces professionnelles. « Des pressions, voire des chantages de DRH nous ont été rapportés », confie-t-elle.

Ecoutez Caroline Raquinprésidente de l'ONSSF : « C'est très grave, le droit de grève est un droit constitutionnel fondamental....»



Le mouvement de grève perturbe fortement les maternités 
Avec 90 % des effectifs de sages-femmes en grève à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (94) ou encore 100 % à l'hôpital Louis-Mourier de Colombes, où travaille Caroline Raquin, nul besoin de préciser que cette grève est extrêmement bien suivie par les sages-femmes. Et ce mouvement perturbe déjà lourdement le fonctionnement des maternités. En grève dure, comme c'est le cas dans certaines maternités, les sages femmes sont assignées en service minimum d'urgence. Dans ces établissements, les sages-femmes ne sont désormais présentes plus qu'en salle d'accouchement. Dans tous les autres services, consultations, grossesses pathologiques, suites de couches, il n'y a plus aucune de ces professionnelles de disponible.

Ecoutez Caroline Raquinprésidente de l'ONSSF : « A présent, on exerce uniquement ce pour quoi on est formé. Par exemple, dès qu 'il faut prescrire un traitement qui n'est pas dans nos compétences, nous appelons un médecin...»



Seule note positive dans ce conflit, Caroline Raquin avoue qu'un contact a été pris mardi avec le ministère de la Santé. Ce dernier affirme travailler de près sur le dossier. « C'est un espoir pour nous, on voit que la porte n'est donc pas totalement fermée », conclut-elle

 

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