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Free hugs

La câlinothérapie, traiter par un câlin

Le câlin est un véritable médicament pour les bébés et les plus grands, en luttant contre les effets délétères du stress. La câlinothérapie !

La câlinothérapie, traiter par un câlin Fizkes / iStock


  • Publié le 27.07.2022 à 12h00
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Aux Etats-Unis, il n'est pas rare de croiser, sur un trottoir ou une place, de drôles de bougres équipés d'une pancarte « free hugs », sourire au coin des lèvres et bras grands ouverts, prêts à vous enlacer ! Ces personnes délivrent des câlins gratuits aux inconnus dans la rue. Vous faites peut-être partie de ceux qui effectuent un repli stratégique ou traversent précipitamment la rue afin d’esquiver l’étreinte. Mais vous avez tort.

Les câlins sont bons pour la santé, celle des grands et des petits, et même des tout-petits. Dans les services de néonatalogie, le câlin devient un véritable traitement. Les petites « crevettes » mises en couveuse de longues semaines pourraient en profiter très tôt, dès l’accouchement.

Le peau à peau

Ce câlin porte un nom particulier : le peau à peau, aussi appelé « méthode kangourou ». Comme son nom l’indique, ce câlin consiste à porter le nouveau-né sur le torse de la mère ou du père, à même sa peau. Les scientifiques ont évalué les bienfaits réels de ce contact chaleureux. Dans une étude publiée dans la revue Pediatrics, ils ont montré que les enfants prématurés ayant bénéficié du « peau à peau » avaient deux fois plus de chances d’atteindre leur 20ème anniversaire que ceux qui n’ont reçu que les soins standard. De plus, à l’âge adulte, ils étaient moins agressifs, impulsifs, hyperactifs ou stressés que leurs camarades ; ils présentaient également un volume cérébral plus important que les autres, signe d’un bon développement du cerveau.

De fait, la câlinothérapie, phénomène tout récent et très à la mode, ne repose pas seulement sur l’intuition selon laquelle recevoir de la tendresse d’autrui a un impact positif sur la santé mentale et physique. C’est un fait scientifiquement établi.

L’amitié des rats

Une étude publiée dans la revue Neuropsychopharmacology montre que les amitiés masculines et les manifestations de celles-ci (générosité, affection…) permettent de lutter contre le stress et de contrer ses effets physiologiques. L’expérience a été menée sur deux rongeurs masculins exposés à un stress modéré, isolés et enfermés pendant plusieurs heures. Une fois réunis, après avoir subi cette situation angoissante, les deux compères avaient tendance à socialiser fortement, à partager leur repas et à manifester des gestes d’affection assimilables à des câlins.

Leurs taux d’ocytocine ont été relevés au cours de l’expérience. Ce composé chimique, communément appelé « hormone de l’attachement », est associé à de nombreux comportements sociaux comme l’empathie ou la reconnaissance sociale. Lorsque les rats se retrouvaient ensemble après leur détention, son taux augmentait. Un cercle vertueux semblait s’installer : les interactions sociales faisaient baisser leur niveau de stress, ce qui, par la suite, favorisait les interactions sociales.

Une tentative d’explication chez l’humain

Les expériences négatives ou positives peuvent modifier l'ADN des nouveau-nés pendant leurs six premiers mois de vie. L'expérience porte sur des souris mais ouvre d'incroyables perspectives quant à la compréhension du développement de l'espèce humaine. Des chercheurs américains viennent de démontrer que câliner ou pas son nouveau-né pouvait modifier son ADN, et ce, pendant les six premiers mois de sevrage, le terme "câliner" recouvrant l'ensemble des soins physiques et psychologiques qu'il est possible d'apporter à un nourrisson.

Comme l'explique cette étude publiée dans Science, l'ADN du nourrisson est perméable aux variations de son environnement. Si on savait déjà que les 25 000 gènes qui le constituent peuvent s'activer ou se désactiver en fonction des stimuli extérieurs, on ignorait totalement qu'ils pouvaient aussi changer d'ordre, de répartition et de nombre en fonction du traitement reçu. Pendant deux semaines, les chercheurs américains ont observé deux groupes de souris femelles accompagnées de leur petit. Le premier groupe était constitué de mamans souris attentionnées, prodiguant soins et toilettages à leur rejeton, tandis que le second groupe était formé de mamans souris délaissant leur bébé.

En se focalisant sur les cellules cérébrales des nouveau-nés, les chercheurs ont constaté que l'ADN de bébés souris ayant reçu plus d'attention de leur mère était stable, alors que l'ADN des souriceaux délaissés se modifiait. Chez ces derniers, certains gènes se dupliquaient et apparaissaient plusieurs fois à la suite dans la structure ADN, selon un procédé appelé rétro-transposition.

Concrètement, la rétro-transposition a, selon les chercheurs américains, donné naissance à des souris adultes plus stressées et moins bien adaptées à leur environnement que les souris n'ayant pas connu de modification ADN pendant leurs premiers mois de vie.

Des câlins contre les traumatismes

Si dans la littérature, l’efficacité du câlin dans le traitement du stress reste malgré tout peu documentée, sur le terrain, cette méthode douce semble faire ses preuves, notamment grâce aux animaux que de nombreux humains se plaisent à cajoler. Ils interviennent également auprès des enfants hyperactifs, des patients et des personnes âgées, dont ils améliorent la santé à coup de papouilles, caresses et gros câlins. Transposée sur le plan humain, cette découverte ouvre d’importantes perspectives concernant les recherches sur l’ensemble des maladies neurologiques ou psychiatriques, comme la dépression ou la schizophrénie. Elles pourraient trouver leur origine lors des six premiers mois de vie.

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