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Tabou : 24% des femmes n'osent pas parler des maladies sexuellement transmissibles

Par Mathilde Debry

Une Française sur deux a du mal à se livrer sur sa vie intime, notamment auprès de son entourage.

AaronAmat / istock.
Les IST connaissent une recrudescence, en particulier chez les moins de 30 ans.
Avec la baisse du nombre de dépistages depuis la crise sanitaire, les professionnels s’inquiètent d’un effet boule de neige.

Selon une nouvelle enquête de l’Institut YouGov pour Livi, les infections sexuellement transmissibles sont encore un sujet complètement tabou pour 24% des 453 femmes françaises interrogées, surtout chez les jeunes (29%).

Augmentation des infections sexuellement transmissibles

"Syphilis, gonorrhée ou encore chlamydia, les infections sexuellement transmissibles ont augmenté de 30% en 2020 et 2021", indique le Docteur Maxime Cauterman, spécialiste en santé publique et médecine sociale. "Il est donc nécessaire de multiplier les canaux de dépistage. Il faut également maintenir la vigilance collective et l’effort de prévention autour du VIH, en particulier chez les plus jeunes et certaines populations à risque", poursuit-il.

Chez les 18-54 ans, les sujets dont les femmes osent le moins parler sont, après les IST : la grossesse et l’avortement (20%), les règles (15%), l’endométriose (15%), la sexualité (11%), la contraception (11%) et la ménopause (6%).

46% des Françaises ont du mal à se livrer sur leur vie intime

Plus globalement, 46% des Françaises ont du mal à se livrer sur leur vie intime, notamment à leur entourage. 47% pensent également que la téléconsultation est un bon levier pour les libérer de leurs inhibitions.

“Je reste persuadé que le médecin traitant est l’interlocuteur à privilégier, mais j’ai aussi constaté qu’une trop grande proximité n’était pas toujours facilitant pour aborder ces sujets. Aussi je suis convaincu que les services d’e-santé ont leur rôle à jouer”, commente Maxime Cauterman.