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Inquiétudes

IST: la gonorrhée résiste de plus en plus aux antibiotiques

De plus en plus de cas de gonorrhées résistantes aux antibiotiques sont rapportés en Occident. D'après les experts de l'Organisation mondiale de la santé, cela pourrait être dû à une surconsommation d'antibiotiques dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

IST: la gonorrhée résiste de plus en plus aux antibiotiques Doucefleur/iStock

  • Publié le 30.12.2020 à 14h00
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La gonorrhée, autrement connue sous le nom de blennorragie est la deuxième infection sexuellement transmissible (IST) la plus courante après les chlamydias. Chaque année, elle touche 78 millions de personnes à travers le monde. Elle est traitée avec des antibiotiques en dose unique par voie orale ou par injection intramusculaire. Malheureusement, d’après les spécialistes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de plus en plus de cas de gonorrhées résistantes au traitement auraient été rapportés en Occident au cours de ces derniers mois. D’après eux, cela pourrait être dû à une surconsommation d’antibiotiques dans le cadre de la pandémie de coronavirus à laquelle nous sommes actuellement confrontés. Les experts craignent donc aujourd’hui que toutes les souches de gonocoque, la bactérie à l’origine de la blennorragie, deviennent insensibles aux antibiotiques. Auquel cas il n’y aurait plus aucun moyen de soigner efficacement l’IST.  

La gonorrhée est provoquée par le gonocoque Neisseria gonorrhoeae, une bactérie très intelligente et capable de développer une résistance aux antibiotiques extrêmement rapidement. “A chaque fois que nous utilisons une nouvelle classe d'antibiotiques pour traiter l'infection, la bactérie évolue pour y résister”, explique le docteur Teodora Wi, médecin au département Santé reproductive à l'OMS, dans une interview au quotidien britannique The Sun.

"La surutilisation d'antibiotiques dans la communauté peut alimenter l'émergence d'une résistance aux antimicrobiens dans la gonorrhée. L'azithromycine — un antibiotique courant pour traiter les infections respiratoires — a été utilisée pour le traitement du Covid-19 plus tôt dans l'épidémie”, poursuit-elle.

La gonorrhée superbactérienne

Pendant la pandémie, les services de traitement des IST ont également été perturbés. Cela signifie qu'un plus grand nombre de cas d'IST ne sont pas diagnostiqués correctement, ce qui a pour conséquence que davantage de personnes s'auto-médicamentent. Une telle situation peut alimenter l'émergence d'une résistance dans la gonorrhée, notamment la gonorrhée superbactérienne (super gonorrhée) ou la gonorrhée à haut niveau de résistance aux antibiotiques actuels recommandés pour la traiter”, s’inquiète-t-elle donc.

Or une blennorragie résistante au traitement peut avoir de graves complications. Un patient mal traité aura beaucoup plus de risques d’attraper le VIH ou de développer des infections oculaires pouvant entraîner la cécité. Non prise en charge, la maladie peut également entraîner des inflammations des testicules, de la prostate, des abcès des trompes ou des ovaires, des grossesses extra-utérines et même l’infertilité.

Pour prévenir de cette IST des chercheurs de l'Oregon State University (Etats-Unis) travaillent sur un vaccin. En Nouvelle-Zélande, des scientifiques ont quant à eux découvert que le vaccin contre la méningite B pourrait protéger contre la gonorrhée. Mais en attendant d'y voir plus clair, le préservatif reste recommandé. Rappelons toutefois qu'il n'est pas infaillible. Un simple contact de muqueuse, une fellation, un cunnilingus ou un anulingus suffisent à entraîner la propagation de la blennorragie mais aussi la chlamydia, la syphilis, le papillomavirus, l’herpès génital, la trichomonase ou encore les hépatites C et D. Ces dernières peuvent également s’attraper par le sang. Le partage de seringue ou de matériel de drogue est donc aussi un facteur de risque.  

Dans le cas de la gonorrhée, le malade pourra souffrir de fièvre, de brûlures lors de la miction, de douleurs dans la zone pelvienne ou encore apercevoir un écoulement jaune verdâtre par son vagin, sa verge ou son anus, entre deux à sept jours après la contamination. Des éruptions cutanées ont également été rapportées.

 


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