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Plaidoyer

Académie de médecine : "l’immunothérapie doit être envisagée pour les plus de 70 ans"

Par Mégane Fleury

Selon l’Académie nationale de médecine, l’immunothérapie doit être envisagée pour les patients atteints de cancer de plus de 70 ans. Aujourd’hui, ces personnes sont souvent écartées de ce type de traitements. 

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L’immunothérapie est efficace pour 20 à 40% des patients atteints d’un cancer.
Elle est aussi utilisée en prévention des maladies infectieuses, dans le traitement des maladies inflammatoires ou auto-immunes et dans certaines maladies neuro-dégénératives.

Il faut penser aux personnes âgées pour l’immunothérapie : tel est le message de l’Académie nationale de médecine. Dans un communiqué, elle appelle à avoir davantage recours à ces traitements. "Les traitements anticancéreux leur sont prescrits avec beaucoup de réserve, alors que plus de 50 % des patients d’oncologie ont 75 ans et plus, explique le document. Cette défiance est basée à la fois sur l’a priori d’une moins bonne tolérance et la notion d’une efficacité moindre." L’Académie nationale de médecine rappelle que des études ont permis d’évaluer les effets de ces thérapies sur les patients âgées. Elle conseille de "traiter les patients de plus de 70 ans atteints de cancers chaque fois qu’il peut y avoir un bénéfice pour eux". 

Qu’est-ce que l’immunothérapie ? 

L’immunothérapie consiste à stimuler le système immunitaire pour qu’il parvienne à identifier et détruire les cellules tumorales. Deux types de molécule sont utilisées : les anticorps monoclonaux et l’interféron alpha. "La spécificité de l’immunothérapie est de pouvoir induire des réponses de longue durée, voire des rémissions complètes sur plusieurs années après arrêt de l’immunothérapie, amenant à requalifier certains cancers en "maladie chronique", ce qui laisse espérer un changement de paradigme en cancérologie", souligne l’Académie nationale de médecine.

Des essais cliniques réalisés sur le mélanome

L’Académie déplore un manque de représentation des patients de plus de 70 ans dans les études randomisées, "en raison essentiellement de critères d'inclusion stricts quant aux facteurs de comorbidités et aussi du fait d’une crainte parfois excessive des investigateurs à inclure des personnes âgées." Mais elle rappelle que de nombreux essais cliniques, réalisés dans le cas du mélanome, apportent des données intéressantes.

"Deux grandes études, portant sur respectivement 5 265 et 10 669 patients, montrent ainsi que les patients dans une tranche d’âge supérieur à 65 ans répondent aussi bien à l’immunothérapie que les patients plus jeunes avec une survie sans rechute et une survie globale identiques, quelle que soit l’immunothérapie prescrite (ipilimumab, anti-PID-1, voire anti-PDL-1) sans plus d’effets secondaires", indique le communiqué. Une autre étude, parue en 2021, montre que l’efficacité de ce traitement chez les personnes âgées est équivalente au reste de la population, et que les effets secondaires ne sont pas plus sévères. 

Quelles sont les recommandations de l’Académie nationale de médecine ? 

Face à ces résultas, l’Académie recommande d’utiliser l’immunothérapie dès qu’elle est susceptible d’être bénéfique pour un patient âgé. Elle conseille également de "collaborer étroitement avec les onco-gériatres dans la décision thérapeutique et le suivi, en tenant compte de toutes les facettes de la personne âgée". Enfin, elle estime nécessaire de poursuivre les recherches cliniques sur les effets de ce traitement chez les personnes âgées.