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Choix alimentaires

Obésité : des variations génétiques impliquées dans la préférence pour les aliments gras et sucrés

Une équipe américaine de chercheurs a identifié dans le cerveau de patients 26 régions génétiques dont la mutation est susceptible de déclencher une préférence pour les aliments gras, salés et sucrés, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines personnes souffrent d'obésité.

Obésité : des variations génétiques impliquées dans la préférence pour les aliments gras et sucrés adrian825/iStock

  • Publié le 27.08.2021 à 11h00
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L'ESSENTIEL
  • Menée sur plus de 280 000 participants, l'étude met en évidence l'existence dans le cerveau de 26 régions génétiques contenant des sous-types de neurones spécifiques.
  • Quand ces neurones sont activés, ils réagissent aux protéines, aux graisses ou aux glucides.
  • Cette variation génétique des signaux neuronaux peut déclencher une appétence accrue pour les aliments gras, sucrés et salés et peut donc expliquer pourquoi certaines personnes font des choix alimentaires malsains.

En 2020, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le surpoids et l’obésité affectent plus de 2 milliards d’individus dans le monde. En France, on estime que l’obésité touche près de 7 millions de personnes, soit environ 15 % de la population. Cette condition n’épargne pas les plus jeunes. 18 % des adolescents sont ainsi en surcharge pondérale et 5 % souffrent d’obésité sévère.

Non seulement dommageables pour leur santé, le surpoids et l’obésité sont aussi, pour les personnes concernées, une source de souffrance psychologiques. Souvent blâmées pour leurs choix alimentaires, les personnes obèses souffrent du regard de la société sur leur condition. On estime souvent qu’elles mangent trop d’aliments gras, salés et sucrés.

Pourtant, les personnes obèses ne sont pas pleinement responsables de ces choix alimentaires déséquilibrés. C’est ce que montre une nouvelle étude menée par une équipe de chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH), de la Boston University School of Public Health (BUSPH). Dans une étude publiée dans la revue Nature Human Behaviour, ils expliquent avoir identifié plus de vingt régions génétiques susceptibles d'affecter la prise alimentaire des individus.

26 régions génétiques impliquées dans la préférence pour des aliments malsains

Dans leur article, les auteurs expliquent comment le cerveau est influencé par divers signaux qui eux-mêmes impactent les comportements alimentaires des individus et régulent l'équilibre énergétique de leur corps. Mais une variation génétique de ces signaux peut entraîner une faim extrême et donc l'obésité.

Selon le co-auteur principal Jordi Merino, des études ont déjà commencé à "identifier les régions du cerveau et les processus moléculaires qui influencent la prise alimentaire, mais peu de recherches ont été menées chez l'humain pour identifier les signatures moléculaires qui sous-tendent la susceptibilité variable au comportement de choix alimentaire".

Pour les identifier, les chercheurs ont donc effectué une analyse génétique et examiné la consommation alimentaire de 282 271 participants d'ascendance européenne provenant de la UK Biobank et du consortium CHARGE (Cohorts for Heart and Aging Research in Genomic Epidemiology).

Au total, 26 régions génétiques ont été identifiées comme étant associées à une préférence accrue pour les aliments contenant plus de graisses, de protéines ou de glucides, et ces régions étaient enrichies en gènes exprimés dans le cerveau.

De plus, les analyses informatiques réalisées ont mis en évidence des sous-types spécifiques de neurones spécialisés répartis dans le système nerveux central. Lorsqu’ils sont activés, ils réagissent aux protéines, aux graisses ou aux glucides ce qui peut expliquer pourquoi les gens sont plus susceptibles de préférer les aliments ou les repas contenant une plus grande quantité de graisses, de protéines ou de glucides.

La découverte de ces variantes génétiques pourra être utilisée dans de futures analyses afin de déterminer si la composition du régime alimentaire est liée de manière causale aux maladies métaboliques comme le diabète de type 2 et à l’obésité. "Ces résultats permettront également de mieux comprendre, d'un point de vue biologique, pourquoi le comportement alimentaire diffère d'un individu à l'autre et pourraient fournir de nouvelles pistes pour la prévention et le traitement de l'obésité et d'autres maladies métaboliques", notent les auteurs de l’étude.

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