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Covid-19

Après les annonces sur la "réouverture" : comment l'Institut Pasteur voit la suite de la pandémie

Par Jean-Guillaume Bayard

L'institut Pasteur a modélisé plusieurs scénarios sur l’évolution de l’épidémie en fonction de la levée des mesures restrictives, de l’avancée de la vaccination et des effets du climat estival.

JordanSimeonov/iStock
Selon l'institut Pasteur, une levée trop rapide des mesures de freinage entraînerait une remontée importante des hospitalisations au 15 mai.
Une levée progressive des restrictions permet d'accélérer la vaccination et de diminuer l'intensité de la reprise épidémique.
En été, le variant britannique, majoritaire en France, est moins contagieux, réduisant la taille du pic de la troisième vague.

Maintenant, on sait. Ce jeudi, le président de la République a dévoilé ses plans de déconfinement dans un entretien à la presse quotidienne régionale. La réouverture du pays va se faire en quatre étapes avec, à chaque fois, un desserrement progressif.

À compter du lundi 3 mai, les restrictions de déplacements entre les régions sont levées et l’attestation de déplacement en journée n’est plus nécessaire. Au 19 mai, le couvre-feu est décalé à 21 heures, les terrasses des bars et café, les commerces et les lieux de culture sont autorisés à ouvrir en respectant certaines jauges. Le 3 juin marque des réouvertures supplémentaires et notamment la possibilité d’accueillir un public élargi dans les établissements sportifs et le décalage du couvre-feu à 23 heures. Enfin, à partir du 30 juin, c’est la fin du couvre-feu et la réouverture complète des différents secteurs. Toutes ces mesures restent conditionnées à la situation épidémique dans chaque département.

La levée progressive des restrictions donne plus de temps à la vaccination de progresser

Pour tenter d’avoir un aperçu de l’évolution de la situation épidémique dans les prochaines semaines et les prochains mois, l’institut Pasteur a dévoilé plusieurs scénarios établis grâce une modélisation mathématique. “Ces projections prennent en compte l’augmentation de la transmissibilité et du risque d’hospitalisation liée au variant B.1.1.7 (anglais, ndlr), ainsi que l’effet du climat sur la transmission”, a précisé l'institut. Les effets des mesures actuelles et l’avancée de la vaccination sont des critères qui ont également été intégrés au calcul.

Leur scénario de référence s’appuie sur le fait que “le variant B.1.1.7 est 60% plus transmissible que le virus historique et [que] les mesures de freinage conduisent à une réduction substantielle des hospitalisations”, précisent les chercheurs. Selon eux, “une remontée importante des hospitalisations pourrait être observée en cas de levée trop rapide des mesures de freinage le 15 mai, même sous des hypothèses optimistes concernant le rythme de vaccination.”

Le climat estival favorable à l’optimisme

Selon les projections de l'institut Pasteur, la stratégie adoptée par le gouvernement permet d'éviter une nouvelle flambée épidémique. Une levée progressive des restrictions, qui est la stratégie dévoilée jeudi par Emmanuel Macron, permet “de décaler la reprise épidémique à un moment où la campagne de vaccination aura progressé, diminuant d’autant l’intensité de cette reprise.” Cette dernière dépend également de la vaccination et la dynamique actuelle, avec 545 888 doses injectées hier - un record -, permet de la réduire d’autant plus. De quoi permettre “de réduire de façon substantielle l’intensité de la reprise de l'épidémie”, écrit l’institut.

D’autres facteurs peuvent influer ce scénario. Le variant britannique, majoritaire en France, est moins contagieux en période estivale, affichant une transmissibilité de “40% versus 60% dans le scénario de référence”, indique l’institut Pasteur, laissant place à l’optimisme. “Dans ce cas, un rebond épidémique resterait possible, mais avec un pic de plus petite taille que celui de la troisième vague”, estime-t-il.