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Risque cardiovasculaire

Fatigué, déprimé, irrité : gare à l'infarctus !

Par Diane Cacciarella

Les hommes ne présentant pas d’antécédents de maladies cardiovasculaires, mais souffrant d’épuisement vital seraient plus à risque de faire une crise cardiaque. 

sam thomas/iStock
La fatigue, l'épuisement et la dépression augmentent le risque d'infarctus
Ce risque serait plus élevé chez les hommes non mariés, divorcés ou veufs

74% des hommes souffrant d'hypertension étaient dans un état d’épuisement vital. Cette fatigue était jugée élevée pour 58% d’entre eux et modérée chez 16%. Ces chiffres sont le résultat d’une étude présentée le 13 mars dernier, lors de l'ESC Acute CardioVascular Care Congress (https://www.escardio.org/The-ESC/Press-Office/Press-releases/Exhaustion-linked-with-increased-risk-of-heart-attack-in-men), un congrès scientifique en ligne de la Société européenne de cardiologie (ESC). Ainsi, les chercheurs ont prouvé qu’il existait bien un lien entre le risque d’avoir une crise cardiaque et l’épuisement vital. Ce dernier est défini par Dmitriy Panov, l’un des auteurs de l’étude : “ (Il) fait référence à une fatigue excessive, à des sentiments de dépression et à une irritabilité accrue”.

2,7 fois plus de risque d’avoir une crise cardiaque dans les 5 ans

Pour parvenir à leurs résultats, les scientifiques ont analysé les données de santé et psychologiques de 657 hommes de 25 à 64 ans pendant quatorze années. A l’origine, ceux-ci n’avaient pas d'antécédents de maladies cardiovasculaires. Les participants ont été répartis en trois groupes : ceux qui souffraient d’un épuisement vital élevé (15%), modéré (52%) et ceux qui n’étaient pas concernés par ce phénomène (33%). Les conclusions sont probantes : les hommes qui avaient des niveaux modérés ou élevés d’épuisement vital avaient un risque 2,7 fois plus élevé d'avoir une crise cardiaque dans les cinq prochaines années. Ce chiffre baissait à 2,25 dans les dix ans et 2,1 dans les 14 ans. Il y aurait donc un lien entre l’épuisement vital et l'infarctus. 

La situation sentimentale est un facteur de risque...

Les facteurs sociologiques de ces hommes ont aussi été étudiés. La situation sentimentale aurait un impact significatif. D’après les résultats, le risque d'infarctus lié à l'épuisement vital serait plus prononcé chez les hommes n’ayant jamais été mariés ou chez ceux actuellement divorcés ou veufs. "Vivre seul sous-entend moins de soutien social, dont nous savons d’après de précédentes études que c’est, à lui seul, un facteur de risque d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral", souligne Dmitriy Panov. 

… tout comme le niveau d’instruction et l’âge

Le niveau d’instruction joue également un rôle, les hommes titulaires d’un diplôme universitaire avaient moins de risques de faire une crise cardiaque que ceux ayant été moins loin dans leurs études. Enfin, sans surprise, les plus jeunes étaient moins concernés : le risque de faire une crise cardiaque liée à l'épuisement était 3,8 fois plus élevé chez les 45-54 ans et 5,9 fois plus élevé chez 55 ans-64 ans, comparativement à la tranche d'âge de 24-34 ans. Ainsi, tous ces indicateurs soulignent l’impact des conditions sociales dans l’épuisement vital. Plus elles sont mauvaises, plus le risque de développer des maladies cardiaques est élevé. 

Renforcer le bien-être et le lien social pour réduire l’épuisement vital

Les efforts visant à améliorer le bien-être et à réduire le stress à la maison et au travail peuvent contribuer à réduire l'épuisement vital, conclut Dmitriy Panov. La participation à des associations peut être un moyen d'accroître le soutien social et de devenir moins vulnérable au stress. Associée à un mode de vie sain, ces mesures devraient être bénéfiques pour la santé cardiaque." Une nécessité pour beaucoup d’individus. Selon la Fédération Française de Cardiologie, chaque année, 40 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque en France. Un chiffre énorme, d’autant plus que le taux de survie à un arrêt cardiaque est au maximum de 8 %.