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Covid-19 : le variant anglais 32% à 104% plus mortel que la souche classique

Par Jean-Guillaume Bayard

En plus d'être plus contagieux, le variant britannique aurait bien un taux de mortalité “significativement supérieur” à la souche classique du virus SARS-CoV-2.

Andrea Vumbaca/iStock
En moyenne, le variant anglais apparaît 64% plus mortel, un chiffre qui peut aller de 32% à 104%.
Ce variant serait de 40% à 70% plus contagieux que les souches antérieures.

Une étude publiée ce mercredi 10 mars dans le British Medical Journal révèle que le variant britannique a un taux de mortalité “significativement supérieur” à la souche classique du virus SARS-CoV-2. Un taux qui augmente de 64% en moyenne et qui peut varier entre 32% et 104%.

Plus contagieux et donc plus mortel

Les chercheurs ont comparé les taux de mortalité de 54 906 personnes contaminées par le variant britannique, baptisé B.1.1.7, à celui d’autant de personnes infectées par les souches traditionnelles, entre le 1er octobre 2020 et le 29 janvier 2021. En tout, 227 patients sont décédés du variant anglais contre 141 patients infectés par la souche classique.

En moyenne, le variant anglais apparaît 64% plus mortel. Ces chiffres peuvent aller de 32% à 104%, notent les chercheurs. “Dans ce groupe à risque comparativement faible, cela représente une augmentation des décès de 2,5 à 4,1 pour 1 000 cas détectés”, ont-ils conclu.

Ceci, couplé avec sa propagation rapide, fait de B.1.1.7 une menace qui doit être prise au sérieux”, affirme Robert Challen, chercheur de l'Université d'Exeter et codirecteur de l'étude. En tout, ce variant présente 23 mutations génétiques, dont certaines le rendent plus transmissible. Selon des scientifiques britanniques, il serait de 40% à 70% plus contagieux que les souches antérieures. 

L’efficacité des vaccins diminuée

Plus contagieux et donc plus mortel, au moins pour le variant britannique, les nouvelles souches du virus SARS-CoV-2 réduisent également l’efficacité des vaccins. Les chercheurs de l'université de Columbia ont découvert que les anticorps présents dans les échantillons de sang prélevés sur des personnes ayant été vaccinées avec les produits de Pfizer et de Moderna ont une efficacité moindre contre le variants anglais et, surtout, le variant sud-africain.

L’étude, publiée le 8 mars dans Nature, note que, pour le variant anglais, la protection conférée par ces vaccins est divisée par deux. Pour le variant sud-africain, elle est 6,5 à 8,5 fois plus faible ! L’auteur principal de l’étude, David Ho, reste relativement optimiste quant aux effets de la mutation d'où est issue le variant anglais. “Il est peu probable que la division par 2 de son activité neutralisante ait un impact négatif en raison de l'importance de l'activité des anticorps neutralisants résiduels”, estime-t-il. Concernant le variant sud-africain, il se veut plus alarmiste. “La baisse de l'activité neutralisante est appréciable pour ce variant et nous constatons avec les premiers résultats rapportés sur le vaccin Novavax (les résultats des premiers essais cliniques réalisés avec ce produit ont été publiés au début du mois de février, NDLR) que cela entraîne une réduction de l'activité protectrice.

Les traitements monoclonaux également moins efficaces

Ces variants diminuent également l’efficacité des traitements monoclonaux. L'étude menée à l'université Columbia a en effet mesuré l'activité neutralisante de 18 anticorps monoclonaux différents, dont ceux sur lesquels reposent deux produits actuellement utilisés aux États-Unis. Si cette activité a été “légèrement altérée” dans le cas du variant anglais, elle a été “complètement ou nettement abolie pour quatre de des anticorps” par le variant sud-africain.