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Coronavirus

Variant «sud-africain» : l'activité neutralisante des vaccins serait de 6,5 à 8,5 fois inférieure

Les variants "anglais" mais surtout "sud-africain" limiteraient fortement l'efficacité des vaccins et de certains traitements contre la Covid-19. 

Variant «sud-africain» : l'activité neutralisante des vaccins serait de 6,5 à 8,5 fois inférieure Innocent Maboshe/iStock

  • Publié le 09.03.2021 à 15h30
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L'ESSENTIEL
  • Les mutations du SARS-CoV-2 donneraient naissance à des variants échappant largement aux vaccins et thérapies actuels
  • Le variant "sud-africain" serait le plus résistant face aux vaccins et aux traitements par anticorps monoclonaux

Les variants du SARS-CoV-2, et notamment le variant B.1.351 dit "sud-africain" vont-ils mettre à mal la stratégie de lutte contre l'épidémie de Covid-19 à travers des campagnes de vaccination massive ? C'est la crainte que relance une étude publiée le 8 mars dans Nature qui confirme les données d'une pré-publication sur le serveur BioRxiv en janvier dernier et qui montre que ces variants pouvaient fortement réduire l'efficacité non seulement des vaccins mais aussi des traitements basés sur des anticorps monoclonaux. 

Les chercheurs de l'université de Columbia ont découvert que les anticorps présents dans les échantillons de sang prélevés sur des personnes ayant été vaccinées avec les produits de Pfizer et de Moderna ont une efficacité moindre contre les variants B.1.1.7 -le variant "anglais"- et B.1.351 - le variant "sud-africain"- qui sont apparus respectivement en septembre et à la fin de l'année 2020. Et les chiffres sont inquiétants : si pour la variant "anglais" la protection apportée par ces vaccins est divisée par deux, elle est de 6,5 à 8,5 fois inférieure pour le variant "sud-africain" !

Une diminution importante de l'activité protectrice des vaccins

"Notre étude et les nouvelles données des essais cliniques montrent que le virus évolue dans une direction qui le fait échapper à nos vaccins et thérapies actuels", avertit son auteur principal, David Ho. S'il reste relativement optimiste quant aux effets de la mutation d'où est issue le variant "anglais" -"Il est peu probable que la division par 2 de son activité neutralisante ait un impact négatif en raison de l'importance de l'activité des anticorps neutralisants résiduels"-, il est beaucoup plus alarmiste à propos du variant "sud-africain": "La baisse de l'activité neutralisante est appréciable pour ce variant et nous constatons avec les premiers résultats rapportés sur le vaccin Novavax (les résultats des premiers essais cliniques réalisés avec ce produit ont été publiés au début du mois de février, NDLR) que cela entraîne une réduction de l'activité protectrice". Pire, selon David Ho, d'autres variants et notamment celui dit "variante brésilienne" chez lesquels on observe des mutations de pointe similaires pourraient se comporter de la même manière que ce variant "sud-africain".

L'évolution du SARS-CoV-2 suivie comme celle du virus de la grippe

La première leçon tirée de cette étude par ses auteurs, c'est que "si la propagation du virus se poursuit et que des mutations plus critiques s'accumulent, nous pourrions être condamnés à poursuivre continuellement l'évolution du SARS-CoV-2, comme nous l'avons fait depuis longtemps pour le virus de la grippe". 

La menace d'un virus quasiment impossible à éradiquer une fois pour toutes est donc réelle. Sauf poursuite des mesures drastiques pour stopper sa propagation. "Nous devons empêcher le virus de se répliquer et cela signifie déployer le vaccin plus rapidement et maintenir des mesures comme la distanciation sociale ou le port du masque", affirme David Ho.

Perte d'efficacité des traitements à base d'anticorps monoclonaux

D'autant que, si ces variants diminuent l'efficacité des vaccins, ils réduisent aussi celle des traitements et notamment celle des traitements à base d'anticorps monoclonaux. L'étude menée à l'université Columbia a en effet également mesuré l'activité neutralisante de 18 anticorps monoclonaux différents, dont ceux sur lesquels reposent deux produits actuellement utilisés aux Etats-Unis. Si cette activité a été "légèrement altérée" dans le cas du variant "anglais", elle a été "complètement ou nettement abolie pour quatre de des anticorps" par le variant "sud-africain".

Moindre efficacité des vaccins, idem pour les traitements à base d'anticorps monoclonaux, le variant "sud-africain" présente par ailleurs un autre risque. Le sérum de la plupart des patients Covid guéris avait contre ce dernier une activité neutralisante 11 fois moins élevée. "Le problème, face à ce constat, est que la réinfection pourrait être plus probable", prévient David Ho.

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