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Plan cancer: mettre en place des indicateurs d'inégalités

Par Thierry Duberral

Axé sur la lutte contre les inégalités, le troisième Plan cancer propose de mettre en place des indicateurs pour mesurer les différences d'accès aux soins en fonction de plusieurs critères. 

DURAND FLORENCE/SIPA
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« Tenter de régler les difficiles problèmes des inégalités sociales, des rapports entre soignants et soignés et entre médecine hospitalière et médecine de ville qui débordent largement le cadre du cancer »  c’est l’une des lignes directrices affichée clairement dès le préambule du rapport d’orientation pour le 3ème Plan cancer (2014-2018) 

Dans son rapport remis en fin de semaine au gouvernement le Pr Jean-Paul Vernant au gouvernement propose de mettre en place des indicateurs d’inégalités.Ils permettraient de contrôler, par exemple, les inégalités sociales ou géographiques. Un autre indicateur pourrait mesurer les écarts de mortalité prématurée par cancer. 
Les experts estiment en outre que la prévention primaire des cancers doit être sensiblement repensée, pour s’adresser, avec des méthodes adaptées et efficaces, aux groupes à risque et aux populations précaires. Que ce soit pour le dépistage du cancer du sein ou du cancer colorectal, toutes les enquêtes montrent d’importantes disparités selon les territoires, l’âge et les caractéristiques socio-économiques. Enfin, un dernier indicateur pourrait être celui des inégalités de survies. Etant donné que la survie résulte de la prise en charge, en estimant mieux la survie, tout en intégrant des données sociales et professionnelle, il serait plus facile d’identifier les inégalités de prise en charge.

Bien que placé sous le signe de la lutte contre les inégalités, le rapport propose également deux autres objectifs pour ce 3ème Plan cancer. Tout d’abord, il faudra qu’il mette en œuvre les adaptations nécessaires du système de santé et de son financement liées aux modifications prévisibles de la prise en charge des cancers qui imposent une évolution des pratiques, des métiers et des équipements.
Et pour cela, le Plan cancer 3 devrait s’appuyer davantage sur la participation du médecin traitant dans le parcours de soins qui se déroulera à l’avenir, en grande partie en ambulatoire.
Enfin, le dernier grand objectif affiché dans ce rapport est qu’il est maintenant nécessaire de simplifier l’organisation actuelle pour en augmenter son efficacité et sa cohérence. Pour cela, les experts recommandent par exemple, de laisser à l’Inca toutes ses responsabilités nationales et de donner aux cancéropôles «  de larges responsabilités interrégionales » et de transformer les anciens réseaux régionaux « en délégation régionale sous la tutelle des cancéropôles. »