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Atrophie cérébrale

Sevrage alcoolique : la volonté ne suffit pas

Par La rédaction

Des chercheurs ont mis en évidence une anomalie au niveau du cerveau chez des alcoolo-dépendants qui manquaient de motivatiion pour arrêter de boire. 

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Ce n’est pas seulement une question de volonté. Les personnes qui ont une dépendance à l’alcool qui ne souhaitent pas se soigner présentent une atrophie cérébrale. Cette anomalie pourrait expliquer, en partie, ce comportement. C’est ce que viennent de démontrer des chercheurs de l’Inserm en étudiant le cerveau de patients alcooliques.

Ces derniers ont rempli un questionnaire de motivation lors d’une hospitalisation pour un épisode aigu. Les auteurs de l’étude les ont alors classés en « motivés »  ou « non motivés ». Après sept jours d’hospitalisation, les patients des deux groupes ont passé des IRM. Elles  « montrent clairement une atrophie cérébrale chez les personnes manquant de motivation, », explique Hélène Beaunieux (1), coauteur des travaux. Le volume de la matière grise dans la région frontale ou encore au niveau du cervelet est nettement inférieur au volume retrouvé chez les personnes très motivées. Des régions impliquées dans les fonctions cognitives telles que les prises de décisions ou encore l’évaluation des conséquences des actes.

Selon Hélène Beaunieux, ces résultats marquent un tournant. Au déni ou à l’absence de volonté, les cliniciens devront maintenant intégrer cette composante cognitive pour ces patients. « Rien ne sert de les brusquer, indique-t-elle. En revanche, les laisser se reconstruire sur le plan cognitif et physique au cours d’une cure dans un établissement spécialisé semble bénéfique pour modifier en douceur leur comportement ».

Une nouvelle étude portant sur une cinquantaine de sujets aura pour but de vérifier si cette atrophie cérébrale n’est pas la cause même de l’alcoolisme chez ces patients.

(1)  Unité 1077 Inserm/ Université de Caen Basse-Normandie