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Surpoids

La pollution et le tabac, principaux facteurs environnementaux de l'obésité infantile

Par Jean-Guillaume Bayard

L’exposition à la cigarette, aux particules fines et au dioxyde d’azote ainsi que la densité de population sont les principaux facteurs environnementaux d’obésité infantile selon une étude menée sur plus de 1 000 enfants de six pays.

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Le tabac fumé par la mère pendant la grossesse constitue le principal risque d’obésité infantile.
En France, un enfant sur trois respire un air pollué.
Les enfants citadins sont les plus concernés car ils marchent peu du fait des transports en commun.

L’environnement joue un rôle prépondérant dans la santé des enfants. Une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Californie du sud (Etats-Unis) et du Barcelona Institute for Global Health (Espagne) montre que celui-ci est la principale cause d’obésité chez les enfants. En cause : l’exposition aux cigarettes, à la pollution et à une forte densité de population. Les résultats de l’étude ont été publiés le 25 juin dernier dans la revue Environmental Health Perspectives. En France, depuis une dizaine d’années, l’obésité touche 18% des petites filles et 16% des petits garçons. 

Le tabac en première ligne

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont analysé les données de 1 301 enfants âgés de 6 à 11 ans, ainsi que celles de leurs mères, dans six pays européens (France, Grèce, Lituanie, Norvège, Espagne et Royaume-Uni). Les chercheurs ont utilisé ces données pour évaluer l'exposition des enfants à 77 facteurs environnementaux in utero, et 96 au cours de l'enfance, comme l'exposition à la pollution, au tabac, aux métaux lourds, aux pesticides, et à des espaces verts. “Les sujets ne sont pas exposés uniquement à un seul produit chimique au cours de leur vie, a justifié la docteure Lida Chatzi, responsable de l'étude. Ils sont exposés à de multiples produits chimiques. Nous essayons de comprendre l'ensemble des expositions environnementales en gardant cela à l'esprit.”

Le tabac fumé par la mère pendant la grossesse constitue le principal risque d’obésité infantile. Il est également l’unique facteur prénatal qui entraîne une association significative avec un risque d’obésité. L'exposition à la fumée de cigarette au cours de l'enfance est aussi liée à un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, suggérant que l'arrêt du tabac serait une manière pour les deux parents de protéger la santé de leurs enfants. “C'est un message très important, a repris la docteure Chatzi. Les femmes enceintes fumeuses et le tabagisme passif étant des facteurs répandus à travers le monde.”

Les enfants citadins sont les plus touchés

Les deux autres facteurs qui contribuent à un risque accru d’obésité chez les enfants sont la pollution de l’air, tant dans le domicile qu’à l’extérieur, et une forte densité de population au niveau du lieu de résidence de l’enfant. En France, un enfant sur trois respire un air pollué. Les citadins vivant dans les villes développées sont encore plus concernés par ce risque d’obésité car ils marchent très peu du fait des transports en commun”, a relevé la professeure Martine Vrijheid, principale autrice de l’étude.