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Covid-19

Plusieurs spécialistes alertent sur l’arrivée d’une deuxième vague épidémique

Par Jean-Guillaume Bayard

De nombreux experts ont pris la parole pour mettre en garde contre l’arrivée d’un nouveau rebond épidémique. Actuellement, une légère reprise s’observe mais elle reste limitée.

OnickzArtworks/iStock
Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), craint une deuxième vague dès cet été.
La raison des craintes des spécialistes sur la reprise épidémique réside dans notre laxisme à respecter les gestes barrières.
Actuellement, une légère reprise s'observe mais celle-ci n'est pas suffisante pour parler de reprise épidémique.

Dans quelques jours, nous fêterons les deux mois de sortie de confinement. Depuis, les comportements sont de plus en plus laxistes. Un certain relâchement qui inquiète de nombreux spécialistes. Le plus pessimiste d’entre eux, Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), craint “une seconde vague dès cet été, a-t-il confié au Parisien. À la Pitié-Salpêtrière, mon unité Covid est pleine, j'ai été obligé d'en ouvrir une autre en début de semaine dernière. Des cas continuent à arriver. Trois ont été hospitalisés ce week-end. Alors certes, on en voit bien moins de cas que pendant l'épidémie mais leur nombre remonte un peu. Des malades, on n'a jamais cessé d'en voir.”

Ailleurs dans le monde, de nombreux reconfinements

Les différents spécialistes s’accordent pour dire que la clé pour éviter la reprise épidémique réside dans nos comportements. Plus nous serons précautionneux, moins l’épidémie sera susceptible de repartir. “Ce sont essentiellement nos comportements qui conditionnent la reprise épidémique : si nous voulons éviter cela, il faut que chacune et chacun continue de respecter les mesures barrière, les mesures d'hygiène, la distanciation physique et le port du masque, surtout en situation de promiscuité et dans un espace clos”, énumère Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé au Figaro.

Les reconfinements successifs qui touchent de nombreux pays sonnent comme des signaux d’alarme contre un possible rebond épidémique. À la question de savoir si ces reconfinements s’apparentent à un avertissement, la réponse d’Éric Caumes est lapidaire : “Oui, absolument”. L’un des indicateurs qui est regardé de près concerne les pays de l’hémisphère Sud qui entrent actuellement dans la phase hivernale, ce qui peut donc donner une tendance sur ce que nous pourrions vivre dans quelques mois. “On assiste dans tout l'hémisphère Sud aujourd'hui à des poussées très fortes d'épidémies dans les zones tempérées, que ce soit en Afrique du Sud, en Argentine ou au Chili, note Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de l'université de Genève, à Franceinfo. (…) L’Australie a plus de difficultés à lutter contre cet assaut de l'hiver. Ce sera d'ailleurs très intéressant pour les pays d'Europe de l’Ouest. Nous pourrons voir jusqu’où, jusqu'à quel point, de quelle façon, avec quelle méthode l'Australie, qui a un niveau de vie assez proche du nôtre, va pouvoir résister à cet assaut de l’hiver.”

Pas de reprise épidémique

Face au risque de reprise épidémique, le reconfinement est une option qui ne peut être écartée. Le nouveau premier ministre, Jean Castex, a affirmé au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC le 8 juillet qu’un “plan de reconfinement est prêt.” Néanmoins, il a ajouté qu’il ne devrait pas être total car “on ne supporterait plus un reconfinement total et absolu comme nous l'avons vécu.” Il parle plutôt de “reconfinement ciblé”, visant uniquement les zones où le virus circulerait activement. Un constat partagé par l'épidémiologiste Antoine Flahaut pour qui le confinement généralisé “doit être une arme de dernier recours.”

Les dernières données épidémiologiques de Santé publique France, en date du 2 juillet, indiquent une reprise de l’épidémie “à des niveaux bas”. Si le virus continue de circuler, il n’y a “pas de signaux en faveur d’une reprise de l’épidémie”, poursuit le point épidémiologique. En Guyane et à Mayotte, le SARS-CoV-2 continue de se propager à un niveau élevé. Notre panel Thin de médecins généralistes détecte plus de 20 % de cas de présomptions de Covid que la semaine passée, et 10 % de confirmations de cas de Covid en deuxième visite, ce qui confirme le rebond de la pandémie", a expliqué Jean-Claude Labrune, PDG du groupe Cegedim, en exclusivité pour Pourquoi docteur. Une reprise à surveiller pour tenter d'éviter une deuxième vague.