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Alerte de l'ANSM

Eczéma : le danger des tatouages noirs au henné

Par Bruno Martrette

L'Agence de sécurité du médicament réitère une nouvelle fois sa mise en garde contre la réalisation de tatouages éphémères noirs à base de henné. Des cas d'eczéma allergique graves ont été rapportés.

DURAND FLORENCE/SIPA

Tous les étés, des tatouages noirs temporaires sont proposés aux vacanciers sur les plages, dans les centres de vacances ou sur les marchés. Phénomène de mode, ils rencontrent un fort succès, car leur coloration noire est plus appréciée que la teinte habituelle du henné qui varie du brun à l’orange. Pourtant, si vous aviez l'intention de succomber à ces dessins prochainement, les mots qui suivent risquent de refoidir vos ardeurs. L'Agence de sécurité du médicament (ANSM) alerte en effet depuis hier sur les dangers de ces tatouages.

Tout d'abord, l'Agence rappelle que la couleur noire est obtenue par l’ajout illégal de la paraphénylènediamine (PPD) dans le henné. Ce produit est utilisé car il augmente la longévité du tatouage. Mais l'utilisation de la PPD est en réalité très encadrée. Le produit peut par exemple être utilisé dans les produits cosmétiques, notamment dans les teintures capillaires, à une concentration ne pouvant excéder 6 %. La PDD est également autorisée pour colorer les textiles. Ces mesures de précaution ont été mises en place car lorsque ce produit est ajouté à de l'hénne, le tatouage peut parfois tourner au cauchememar !
Des dermatologues et allergologues signalent il est vrai chaque année à l’ANSM des cas d’eczéma allergique de contact affectant y compris des enfants. En général, les réactions surviennent quelques jours à quelques semaines à la suite de la réalisation de ces tatouages. Elles peuvent être limitées à la zone tatouée ou s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps. Dans certains cas sévères, ces allergies peuvent même entraîner une prise en charge médicale urgente voire une hospitalisation. Pire encore, des cas de "poly-sensibilisation" irréversibles, notamment à des caoutchoucs, à des colorants vestimentaires et à des teintures capillaires permanentes ont été rapportés. Ils peuvent empêcher la pratique de certaines activités professionnelles, comme la coiffure.

C'est pourquoi, compte tenu des risques potentiels, mais aussi des difficultés de contrôle du circuit de distribution des produits et des lieux de réalisation de ces tatouages, l’ANSM en déconseille vivement la réalisation. De plus, l'Agence compte sur le soutien de médecins. Elle appelle ainsi les professionnels de santé à informer leurs patients sur les dangers liés à ces tatouages. Une affichette dissuasive sera aussi largement diffusée au public pendant cette période estivale.