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Système circulatoire

La maladie veineuse : pourquoi il faut surveiller ses premiers signes

Par Thierry Borsa

Chronique et évolutive, la maladie veineuse est souvent ignorée ou considérée comme bénigne. Et pourtant, lourdeurs de jambes ou apparition de varices ne sont pas à prendre à la légère. 

artursfoto/iStock

Dix huit millions de personnes souffriraient en France de maladie veineuse. Presque le tiers de la population du pays. Et seuls 30% de ces patients sont traités, et encore, avec pour beaucoup d'entre-eux un retard de 7 ans entre les premiers symptômes et la première consultation. C'est dire si cette pathologie est trop fréquemment soit ignorée de ceux qui en souffrent, soit considérée comme négligeable. Grave erreur : la maladie veineuse est une maladie à prendre au sérieux car elle est chronique, c'est à dire que l'on n'en guérit pas, évolutive, ce qui signifie qu'elle peut s'aggraver et parfois gravissime lorsqu'elle aboutit à des phlébites qui, elles-mêmes peuvent provoquer des embolies pulmonaires qui tuent chaque année 10 000 personnes.

Des jambes lourdes, des impatiences, des fourmillements ? Avant même l'apparition de varices, ces manifestation peuvent annoncer l'entrée dans la maladie veineuse. La cause de ces maux ? Une perte d'élasticité des veines -qui ramènent le sang vers le coeur- suite à une altération des valvules, ces petits clapets qui empêchent le sang de redescendre dans les jambes, provoquant une stagnation qui affaiblit la paroi des veines. "C'est une maladie qui touche quelque chose d'essentiel pour notre organisme, la circulation sanguine", insiste le Dr Vincent Crébassa, médecin vasculaire qui exerce à Montpellier.

Des causes sur lesquelles on peut agir

Et pourtant une récente enquête montre que 82% des Français considèrent que ces premiers signes ne sont pas un maladie, 80% d'entre-eux que cette maladie de toute façon n'est "pas grave" et que seulement 43% font le lien avec le système circulatoire.

Un désintérêt étonnant quand on sait que parmi les facteurs de risque figurent des habitudes quotidiennes largement partagée, à commencer par le manque d'exercice physique ou la station debout prolongée. Les autres facteurs, comme l'excès de poids ou l'hypercholestéromie sont eux aussi suffisamment répandus pour éveiller une nécessaire vigilance. Surtout que sur ces causes possibles de la maladie veineuse, on peut agir facilement à travers quelques adaptations de son mode de vie.

L'importance de l'hérédité

En revanche, la maladie veineuse a aussi très souvent une cause contre laquelle on ne peut rien, l'hérédité. Et si cette pathologie touche plus souvent les femmes (75%) que les hommes (25%), elle se transmet aussi bien par le père que par la mère et à peu près à égalité aux enfants filles ou garçons. Cette facteur de l'hérédité est loin d'être négligeable puisqu'il augmente de 45% le risque de développer une maladie veineuse. 

Il est d'autant plus important de consulter dès l'apparition de symptômes pouvant annoncer cette maladie qu'elle est aussi évolutive si elle n'est pas prise en charge. Après les premiers stades qui se manifestent par ces lourdeurs de jambes, l'apparition de varicosités puis de varices, peuvent apparaître des oedèmes veineux dans le bas des jambes et les chevilles, puis des complications cutanées, enfin les ulcères et les phlébites. Et si les troubles initiaux peuvent facilement se traiter avec des médicaments veinotoniques ou des dispositifs de contention, la prise en charge des stades plus sévères est beaucoup plus lourde et nécessite parfois le recours à la chirurgie.