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Prévention

AVC, infarctus, hypertension... : ces signes qui doivent vous alerter

Par Anaïs Col

De nombreux cas évitables ont été hospitalisés en soins intensifs de cardiologie ces dernières semaines, notamment parce que certaines personnes n'ont pas consulté de spécialiste pendant le confinement. Comment reconnaître les signes d'un AVC ou d'un infarctus ?

Prostock-Studio/iStock

Des milliers de personnes atteintes de troubles cardiovasculaires ont refusé de consulter un spécialiste pendant le confinement, de peur d'être infectées par le Covid-19 ou de saturer les services hospitaliers. Résultat : comme le redoutaient les cardiologues, les hospitalisations évitables en cardiologie sont de plus en plus nombreuses.

Nous avons vu, au cours des dernières semaines, aux soins intensifs de cardiologies, des patients avec des infarctus, des insuffisances cardiaques sévères qu’habituellement nous anticipons. Ils ont peur de venir à l’hôpital, peur de déranger leur médecin. Il est temps que nos malades pensent à leur pathologie”, explique à La Dépêche le professeur Michel Galinier, coresponsable du service de cardiologie du CHU de Toulouse.

AVC, infarctus du myocarde (ou crise cardiaque), hypertension artérielle, ou encore angine de poitrine… voici les symptômes des 4 maladies cardiovasculaires principales qui doivent vous alerter et vous inciter à appeler le Samu ou à consulter un médecin.

Infarctus du myocarde

L'infarctus du myocarde est la première cause à évoquer devant une douleur aiguë dans la poitrine, notamment parce que les médecins ne disposent que de 90 minutes pour déboucher l'éventuelle artère coronaire obstruée. Il est, en effet, causé par l'obstruction brutale d'une artère coronaire qui alimente normalement le muscle cardiaque en sang et en oxygène. Privées d'oxygène, les cellules du myocarde mourront très vite. Il faut alors désobstruer l'artère pour garder un cœur fonctionnel et éviter les complications qui font courir un risque vital.

L'infarctus du myocarde se manifeste généralement par une forte douleur au milieu de la poitrine (derrière le sternum), qui s’accompagne d'une sensation angoissante de serrement dans la poitrine, d'oppression, évoluant par vagues ou d'emblée brutale. La douleur peut irradier vers la gorge, la mâchoire, l'épaule gauche, les bras, parfois les poignets. Il peut s'y associer une fatigue intense, des sueurs, une pâleur, un essoufflement, des palpitations, un malaise, une sensation de mort imminente, ou encore des nausées et vomissements. Parfois, des complications comme des vertiges et une perte de connaissance se manifestent dès les premières minutes. 

Toutefois, la douleur n’est pas toujours aussi nette, en particulier chez les femmes, les diabétiques ou les personnes âgées. L’infarctus doit alors être évoqué devant un malaise, un essoufflement soudain, des sensations inhabituelles dans le bras gauche associées à une fatigue brutale et inexpliquée.

L'accident vasculaire cérébral (AVC)

L’AVC correspond à l’obstruction ou à la rupture d’une artère dans le cerveau. Il s’agit d’une urgence médicale absolue car, chaque seconde, le patient perd des milliers cellules nerveuses dans le cerveau. Les signes sont extrêmement variés et dépendent de la localisation exacte de la lésion cérébrale, chaque partie de cet organe étant spécialisée dans des fonctions particulières (mouvement, sensibilité, vision, parole…).

Parmi les signes les plus fréquents figurent : une perte de sensibilité ou un engourdissement d’un ou plusieurs membres, du visage, ou d’un seul côté du corps, une perte de la vision d’un œil ou de la moitié du champ visuel de chaque œil, ou encore une vue double, des problèmes d'élocution (soit en raison d’une difficulté à articuler, soit en raison de l’utilisation de mots incompréhensibles ou de difficultés à comprendre ce que l’on entend), des troubles de l’équilibre ou de la coordination des membres avec une difficulté à marcher, des troubles de la vigilance pouvant aller jusqu’au coma, ou encore un mal de tête brutal, intense et inhabituel.

La régression des signes au bout de quelques minutes ne doit en aucun cas rassurer : les déficits neurologiques soudains régressant rapidement sont des accidents ischémiques transitoires (AIT). Ils doivent eux aussi conduire à consulter immédiatement.

Hypertension arterielle

L'hypertension artérielle (HTA) est une hyperpression du sang sur la paroi des artères qui vont se rigidifier et vieillir prématurément. L'HTA est une maladie silencieuse des artères qui expose à un risque majeur d'accidents cardiovasculaires, en particulier d'infarctus du myocarde et d'AVC, ainsi que d'insuffisance rénale.

Certains signes peuvent tout de même alerter comme des maux de tête, l’impression d'avoir des mouches volantes devant les yeux, la sensation de vertiges ou de bourdonnements d’oreille. Ces symptômes peuvent être anodins mais ils doivent vous inciter à mesurer votre pression artérielle. Dans des situations plus graves, certains signes sont la manifestation d’une complication de la maladie. Cela peut être des douleurs dans la poitrine ou une difficulté à bouger un bras. Ils traduisent les conséquences d’une hypertension négligée, plus qu’un symptôme directement lié à la maladie.

A partir de 40 ans, la pression artérielle devrait être mesurée au moins une fois par an. Ou plus tôt en cas d'antécédents familiaux, de symptômes ou d'un facteur d’élévation rapide de la pression artérielle comme une surcharge pondérale, un diabète, ou encore un cholestérol élevé.

Angine de poitrine

L'angine de poitrine (ou angor), correspond à une douleur thoracique en rapport avec le rétrécissement d'une artère coronaire et la diminution des apports de sang dans la paroi musculaire du cœur. Le risque est que l'artère en cause s'obstrue complètement, ce qui provoquera un infarctus du myocarde.

L’angine de poitrine se manifeste par une douleur profonde située au milieu de la poitrine avec une sensation de serrement intense, angoissante. Cette douleur survient souvent lors d'un effort physique (marche rapide, en côte, contre le vent, par temps froid, car ce dernier provoque également une réduction du calibre des vaisseaux ou encore lors d'une émotion qui fait battre le cœur plus vite et plus fort). Plus rarement, la douleur survient après le repas, pendant la digestion, ou au repos, la nuit.
Elle peut irradier vers le bras gauche, l'avant-bras, avec parfois une sensation de serrement au poignet, dans le cou, la mâchoire inférieure, parfois dans le bras droit, la nuque, le dos ou la région de l'estomac. 

Généralement, la douleur est soulagée en moins de deux minutes par le repos ou par la prise d’un médicament qui dilate les artères coronaires, mais si elle persiste il faut appeler le Samu.