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400 millions de malades dans le monde

Les députés votent un texte pour que les diabétiques ne soient plus exclus de certains métiers

Par Johanna Hébert

L’Assemblée nationale a adopté, le jeudi 30 janvier, une proposition de loi visant à combattre les discriminations à l’emploi subies par les personnes diabétiques.

Kwangmoozaa/iStock

Sapeur-pompier, pilote d’avion, contrôleur SNCF, marin ou encore hôtesse de l’air… Voici une liste — non exhaustive — des métiers interdits aux personnes diabétiques. Cette réglementation, destinée à éviter les crises d’hypoglycémie en intervention, est vieille de quarante ans. Elle est obsolète selon Agnès Firmin-Le Bodo, députée Agir (groupe de centre-droit) de Seine-Maritime. L’élue est à l’origine d’une proposition de loi débattue et adoptée le jeudi 30 janvier dans l’Hémicycle.

Une étude au cas par cas

Le texte prévoit que “nul ne peut être écarté d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation au seul motif qu’il serait atteint d’une maladie chronique, notamment de diabète”. Il a été voté à l’unanimité en première lecture et doit désormais être examiné par le Sénat. Si au départ, le texte était limité aux personnes diabétiques, il a été étendu à l’ensemble des maladies chroniques dans “souci d’équité”. Avec cette nouvelle loi, l’étude au cas par cas sera privilégiée, “au vu d’un examen médical ou d’un avis émis sur dossier”. “L’idée est que le médecin du travail doit être à même d’évaluer, avec le médecin qui suit cette personne diabétique, sa capacité à exercer ou pas”, précise Agnès Firmin-Le Bodo.

“Vivre tout à fait normalement”

La Fédération des diabétiques, présente lors des débats, salue “une avancée historique qui se concrétise un peu plus chaque jour” sur son site internet. Bon nombre de diabétiques et d’associations de diabétiques dénonçaient ces discriminations à l’emploi. Ils défendent la possibilité, aujourd’hui de vivre “comme tout le monde”. “A l’époque où les textes ont été écrits, ce n’était pas les mêmes traitements. On n’avait pas les évolutions technologiques qui permettent aujourd’hui d’avoir une mesure de la glycémie en continu et des pompes à insuline, des innovations qui nous permettent de vivre tout à fait normalement. Il y a des sportifs de haut niveau qui sont diabétiques, des gens qui font des ultra-trails”, témoigne ainsi Magali Fretay sur Franceinfo. Il y a dix ans, cette sapeur-pompier professionnelle a appris qu’elle était atteinte de diabète de type 1. Deux ans et demi après, elle s’est résolue à en parler à sa hiérarchie, qui lui a directement interdit d’intervenir sur des incendies.