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Congrès Américain de Cardiologie

Maladies cardiaques : face aux médicaments, la chirurgie ne fait pas de miracles

Face à un problème cardiaque, la chirurgie et les traitements médicamenteux seraient aussi efficaces. C'est ce que révèle une étude présentée le 16 novembre au congrès annuel de l'American Heart Association.

Maladies cardiaques : face aux médicaments, la chirurgie ne fait pas de miracles monkeybusinessimages/iStock

  • Publié 20.11.2019 à 20h30
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Première cause de mortalité “dans les pays développés” selon la Haute Autorité de santé (HAS), la maladie coronarienne stable – également appelée cardiopathie ischémique – est l'affection cardiaque la plus fréquente chez l'humain. 

“Elle se caractérise par un rétrécissement le plus souvent athéromateux des artères coronaires, explique l'organisme. Deux symptômes la caractérisent : l’angine de poitrine et le syndrome coronarien aigu (SCA), avec ou sans nécrose myocardique. La mort subite et l’insuffisance cardiaque sont les deux complications principales de la maladie coronarienne stable.”

Une étude menée sur 5 179 personnes

Afin de déterminer la meilleure manière de traiter les patients à haut risque souffrant de cette pathologie, des chercheurs ont travaillé avec 5 179 personnes atteintes d'une ischémie (c'est-à-dire d'une mauvaise circulation sanguine dans un organe) sévère ou modérée. Si la totalité des participants a reçu un traitement médicamenteux, une moitié a également fait l'objet d'interventions invasives, telles que l'endoprothèse aortique et le pontage aortique.

Résultat : l'étude ISCHEMIA, publiée dans le registre national d'essais cliniques ClinicalTrials.gov et présentée le 16 novembre lors du congrès annuel de l'American Heart Association, montre que les patients bénéficient des mêmes chances de survie, qu'ils aient pris des médicaments ou qu'ils aient été opérés.

“Il n'y a absolument aucun risque à essayer les médicaments” 

“Si vous allez dans les centres médicaux importants qui pratiquent ces procédures, en réalité, vous ne parlez à personne, et on vous dit qu'après un examen de stress très anormal, il faut se dépêcher de programmer un cathétérisme cardiaque (une opération consistant à introduire un cathéter dans le cœur et dans ses vaisseaux sanguins périphériques, NDLR) parce que les gens ont eu peur de présenter un risque imminent de crise cardiaque ou de mort subite”, a estimé Judith Hochman, vice-doyenne des sciences cliniques à la faculté de médecine de l'université de New York et l'une des chercheuses chargée de l'étude, lors du congrès annuel.

Pourtant, selon la scientifique, les travaux menés montrent “qu'il n'y a absolument aucun risque à essayer les médicaments”. “Nous voulons que les patients comprennent que c'est normal de se poser et qu'il n'y a pas d'urgence à subir une intervention”, a ajouté David Maron, un des scientifiques chargé de l'étude, et le directeur du département de cardiologie préventive à l'université de Stanford. Son collègue, le cardiologue John Spertus, également membre de l'équipe de recherche, a pour sa part insisté sur la lente évolution des pratiques.

“C'est incroyablement important d'améliorer les résultats pour les patients à un moindre coût”

“Les médecins ont des croyances émotionnelles très fortes et ils exercent d'une manière qui envoie ces patients directement au laboratoire de cathétérisme cardiaque depuis des générations, et cela ne va pas changer du jour au lendemain, a assuré John Spertus. À cette époque où l'on essaye d'améliorer la valeur des soins de santé ainsi, je trouve que c'est incroyablement important d'améliorer les résultats pour les patients à un moindre coût.”

Ci-dessous l'interview du Docteur Michel Zietouni au congrès Américain de cardiologie (AHA)

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