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Enquête épidémiologique

Cancers pédiatriques en Loire-Atlantique : “pas de cause commune”, conclut l'enquête

Par Raphaëlle de Tappie

En enquêtant sur les cas de cancers pédiatriques identifiés sur la période 2015-2019 dans sept communes de Loire-Atlantique, Santé publique France n'a pu identifier aucune cause commune, conclut le rapport dévoilé mardi 19 novembre. 

AgFang/iStock

“Pas de cause commune”. Telle est la conclusion de l’étude épidémiologique de Santé publique France menée depuis mars sur des cas groupés de cancers pédiatrique dans le secteur de Saint-Pazanne, près de Nantes (Loire Atlantique). Le questionnaire épidémiologique adressé à 13 familles concernées n’a pas permis d’identifier un facteur de risque commun, annoncé l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de Loire mardi 19 novembre. L’étude valide toutefois “le fait que le nombre de cancers pédiatriques sur le secteur des sept communes (étudiées) sur la période 2015-2019 est plus important que ce que l’on observe en moyenne en France. Les résultats de ces travaux amènent Santé publique France à conclure à la présence d’un regroupement spatio-temporel sans cause commune identifiée”, note le rapport.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont interrogé les familles sur les conditions de vie des parents avant, pendant et après la grossesse, les habitudes alimentaires des enfants, les lieux de vacances, de scolarité ou encore le mode de garde des mineurs. Au vu des résultats, l’agence sanitaire recommande “de ne pas poursuivre les investigations épidémiologiques localement” et “de ne pas engager d’investigations et prélèvements environnementaux supplémentaires.”

Quant aux logements construits sur l’ancien site Leduc, où étaient fabriquées des charpentes, les analyses “écartent l’existence d’un risque sanitaire pour les habitants de ces logements”. Des analyses complémentaires auront toutefois lieu et des mesures environnementales sont programmées dans 17 logements d’enfants atteints de cancer d’ici fin janvier 2020, ainsi qu’une deuxième campagne de “levée de doute” dans l’école Notre-Dame de Lourdes, à Sainte-Pazanne.

Mettre en place une surveillance active

“Cela consiste uniquement à regarder s'il existe un danger immédiat mortel pour nos enfants à leur domicile ou à l'école, ce ne sont pas de vraies études environnementales”, réagit Marie Thibaud, membre du collectif Stop aux cancers de nos enfants auprès de l’AFP. D’après l’association, entre 2015 et 2019, le secteur de Sainte-Pazanne a compté 20 cas de cancers pédiatriques et quatre enfants décédés.

“Il y a une plus forte concentration de cas mais on arrête l'étude épidémiologique, c'est inadmissible, inacceptable et intolérable”, dénonce-t-elle. “La recherche fondamentale (...) devrait permettre dans l'avenir d'enrichir les connaissances et ainsi d'améliorer les outils d'investigation disponibles pour répondre aux interrogations de la population”, poursuit-elle, alors qu’une réunion publique est prévue le 25 novembre à la mairie de Sainte-Pazanne. 

Dans son rapport, Santé publique France reconnaît toutefois que les connaissances scientifiques “sur les causes des cancers de l’enfant et le potentiel rôle des expositions environnementales dans ce processus restent parcellaires”. En conclusion, l’agence propose donc de “mettre en place une surveillance active pour identifier tout nouveau cas de cancer sur le secteur”.

Une enquête du même genre menée dans le Jura

Ces résultats tombent alors qu’il y a quelques jours à peine, l’Agence régionale de santé Bourgogne-France-Comté a annoncé l’ouverture d’une enquête épidémiologique après avoir été saisie en juillet en raison d’un “nombre anormalement élevé de cancers touchant des enfant” résidant dans cinq communes voisines du nord du Jura.

“Sur la base de ce signalement et après contact avec les familles, l'agence a établi une liste de dix cas, en lien avec les médecins traitants et le CHRU de Besançon, qui a apporté son appui pour la confirmation des diagnostics”, a annoncé l’ARS.

Là encore, l’objectif de cette enquête sera de recenser d’autres éventuels nouveaux cas et d’établir une connexion entre les enfants, afin de déterminer l’existence d’expositions environnementales communes.