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Démence

Alzheimer : un nouveau biomarqueur pourrait améliorer la prédiction des risques

Par Misha P.

Des chercheurs viennent d'identifier une protéine qui pourrait être associée à un risque accru de démence.

Syphotography/iStock

La démence, un syndrome caractérisé par une gamme de symptômes allant de la légère perte de mémoire à l'incapacité de mener une vie normale, touche près de 50 millions de personnes dans le monde. Malgré sa forte prévalence, il n'existe pas de diagnostic définitif. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'hôpital Brigham and Women's Hospital pourrait aider à améliorer la prévision des risques. Les chercheurs ont mesuré les taux circulants de la protéine 2 de liaison au facteur de croissance analogue à l'insuline (IGFP-2) et ont constaté qu'elle était associée à un risque accru de démence toutes causes confondues et de démence de la maladie d'Alzheimer.

Nécessité d'identifier les risques

Il existe de nombreuses formes de démence, dont l'une des plus courantes est la maladie d'Alzheimer. L'identification des personnes à risque élevé est essentielle à l'élaboration de nouvelles interventions et thérapies visant à retarder la déficience cognitive qui est une caractéristique de la démence.

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de plasma sur 1 600 participants et ont mesuré leur taux d'IGFBP-2. Une analyse du risque de démence, du rendement cognitif et des mesures structurelles de l'IRM du cerveau a révélé que des taux élevés d'IGFBP-2 en circulation étaient associés à un risque accru de démence toutes causes confondues et de la maladie d'Alzheimer. Les tests de raisonnement abstrait ont également montré une baisse. Lorsque les taux d'IGFBP-2 ont été étudiés en accord avec les facteurs de risque traditionnels, 32 % des personnes atteintes de démence se sont vu attribuer avec précision un risque prédictif plus élevé et 8 % des personnes non atteintes de démence se sont vu attribuer avec précision un risque prédictif moindre.

Les résultats peuvent varier d'un groupe à l'autre

L'étude est prometteuse et a de grandes implications pour des millions de personnes atteintes de démence. Mais il faut tenir compte du fait que les participants à l'étude étaient majoritairement caucasiens. Il est possible que les résultats varient d'un groupe à l'autre.

De plus, le lien entre les taux d'IGFBP-2 et d'IGFBP-2 dans le liquide céphalorachidien n'a pas été établi. Le liquide céphalorachidien, présent dans la moelle épinière et le cerveau et le plasma étant un un composant majeur du sang, si ce lien existait, l'IGFBP-2, biomarqueur potentiel de la démence, pourrait être analysé à travers un prélèvement sanguin alors qu'une ponction lombaire pour analyser le liquide céphalo-rachidien à des fins diagnostiques est une intervention lourde.

L'intérêt d'un diagnostic précoce

Récemment, des chercheurs avaient étudié le rôle de la résistance à l'insuline dans le cerveau dans le développement de la démence. L'insuline aide à la réparation et à la régénération des tissus nerveux, des cellules et des produits cellulaires. Or l'IGFBP-2 est considéré comme altérant ces ses effets régénérateurs.

Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé, 82 millions de personnes dans le monde vivront avec la démence d'ici 2030. À l'heure actuelle, il n'existe aucun traitement pour guérir la démence ou arrêter son évolution. Mais un diagnostic précoce peut aider les gens à gérer leur maladie et à vivre une vie de qualité raisonnable.