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Scandale sanitaire

Alimentation : 780 tonnes de faux steaks hachés vendus à des oeuvres caritatives

Par Anaïs Col

Après analyse, il s'est avéré que les steaks n'étaient pas de la viande, mais un mix de peau, de gras, de soja et d'amidon.

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Depuis juillet 2018, 780 tonnes de faux steaks hachés ont été livrées à plusieurs associations caritatives comme La Croix Rouge, Les Restos du Cœur, le Secours Populaire Français et la Fédération française des banques alimentaires, pour un coût total de 5,2 millions d'euros, révèle ce vendredi RTL

Un mix de peau, de gras, de soja et d'amidon

L'alerte n'a été donnée qu'en mars, lorsque les associations se sont aperçues que la couleur, le goût et la texture de la viande étaient suspects. La distribution aux plus démunis a été suspendue et les steaks envoyés aux services de la répression des fraudes.

Après analyse, il s'est avéré que les steaks "ne contenaient pas de la viande mais du gras, pas du muscle mais de la peau. Le tout mixé avec du soja et de l'amidon, des produits non-autorisés dans des steak hachés, avec un réemploi aussi de viande transformée". En somme, ces steaks n'étaient pas de la viande, mais un mix de peau, de gras, de soja et d'amidon (un glucide). 

Deux ans de prison et un million euros d’amende

Fabriqués en Pologne pour des coûts de production moindre, l'entreprise française a écoulé près de 7 millions de ces faux steaks. "Une autre entreprise française semble avoir servi d’intermédiaire. Les dirigeants de ces deux entreprises françaises ont été entendus par les enquêteurs, précise la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué. Les autorités françaises ont par ailleurs saisi le 5 juin les autorités polonaises via le réseau « food fraud » pour prolonger l’enquête en Pologne".

Selon la DGCCRF, "les faits mis en évidence sont en effet susceptibles d’être qualifiés de tromperie en bande organisée, ce qui constitue un délit pénal". La secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, a confirmé à RTL : "C’est du pénal, on va jusqu’à deux ans de prison, c’est un million euros d’amende, on va transmettre au procureur et il est hors de question que ce type d’attitude se reproduise".

Fort heureusement, "les analyses microbiologiques conduites montrent qu’il n’y a pas de danger pour la santé des consommateurs". Mais les associations ont demandé dans un communiqué commun "une compensation financière pour faire face aux frais de stockage engendrés par cette situation".