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Infections intestinales

La greffe fécale, un traitement parfois plus efficace et moins nocif que les antibiotiques

Par Mégane Fleury

L’infection à Clostridium difficile est généralement traitée avec des antibiotiques, potentiellement dangereux pour le microbiote. Mais une greffe fécale serait plus efficace.

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50 patients soignés grâce à la transplantation fécale représentent plus d’un million d’euros d’économies, en comparaison à ceux soignés par traitement antibiotique. En plus d’être économique, la greffe fécale serait une alternative efficace à ces médicaments. Des chercheurs de l’université Aarhus publient dans le journal Gastroenterology leurs conclusions sur l’utilisation de cette technique dans le traitement de l’infection à Clostridium difficile. 

De 37 à 20 jours d’hospitalisation par an 

La greffe fécale consiste à prélever de la flore intestinale chez un donneur sain et à l’implanter chez un autre patient. Elle est indiquée uniquement dans le traitement de l’infection à Clostridium difficile : une infection intestinale provoquée par un bacille. 

 "Notre étude montre qu’en moyenne chacun des patients évite 17 jours d’hospitalisation annuels après la transplantation fécale", explique Christian Lodberg Hvas, l’un des auteurs de cette recherche. Dans cette première étude observationnelle sur le sujet, 50 patients atteints de l’infection à Clostridium difficile ont reçu une greffe fécale entre 2014 et 2015. Au-delà des jours d’hospitalisation évités, la méthode permet de faire des économies importantes : les frais de santé sont passés en moyenne de 56 400 euros à 32 800 euros pour chacun d’entre eux.

Des antibiotiques potentiellement dangereux

Deux antibiotiques sont généralement prescrits, vancomycine et fidaxomicin, pour soigner cette infection. Mais ils peuvent être néfastes pour la flore intestinale et favoriser le développement d’autres infections intestinales. En 2013, une première recherche étudiait l’intérêt de la greffe fécale dans le traitement de l’infection à Clostridium difficile. Chez 80% des patients traités, la méthode a permis de soigner l’infection. Cette deuxième étude complète et confirme ces résultats mais d’autres recherches sont nécessaires pour valider le développement de cette technique de soin.