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Manque de sommeil

Après une naissance, le sommeil des parents est perturbé pendant 6 ans

Par Mathilde Debry

Le sommeil des parents reste perturbé en moyenne six ans après la naissance de l'enfant, les femmes étant toujours de loin les plus concernées par ce problème. 

Antonio_Diaz / istock.

Après la naissance du premier enfant, le sommeil des parents est perturbé pendant… 6 ans. Des chercheurs de l'Université de Warwick ont ainsi établi que les mères dorment une heure de moins au cours des trois premiers mois après l'accouchement, et les pères 15 minutes de moins.

"Les mères dispensent encore plus de soins que les pères"

Au niveau du couple, la durée et la qualité du sommeil sont altérées jusqu’au sixième anniversaire de l’enfant. Mais "les femmes ont tendance à connaître plus de perturbations du sommeil que les hommes après la naissance d'un enfant, ce qui indique que les mères dispensent encore plus de soins que les pères", notent les scientifiques.
 
Entre les 4 et 6 ans de l’enfant, l’écart entre les hommes et les femmes se resserre : la durée du sommeil était encore d'environ 20 minutes plus courte chez les mères et de 15 minutes plus courte chez les pères par rapport à la durée de leur sommeil avant la grossesse. Une évolution similaire a été constatée au niveau de la qualité du sommeil.

Aucun parent ne semble épargné par le manque de sommeil

Aucun parent ne semble épargné par le manque de sommeil : ni ceux qui ont des revenus élevés, ni ceux qui sont toujours en couple six ans après la naissance de l’enfant. Pour parvenir à ces conclusions, le sommeil de 4 659 couples ayant eu un enfant entre 2008 et 2015 a été étudié.

Pour préserver son sommeil avec un enfant en bas âge, les experts conseillent de bien manger, de pratiquer une activité physique, d’organiser des sorties de chez soi, de dormir quand son enfant dort, d’alterner les levers la nuit avec son conjoint et d’allaiter. "Grâce à la synthétisation des endorphines, les hormones du plaisir. On dort plus facilement et mieux", précise à propos de l'allaitement le Dr Abensur-Vuillaume, dans le Figaro.

"Depuis une quinzaine d’années, les lourdes conséquences physiques et psychologiques du manque de sommeil sont désormais prouvées. Le problème, c’est que ce message n’est pas passé auprès du grand public. Les gens ne font pas de leur sommeil une priorité, alors que ça devrait être un temps incompressible du quotidien", souligne aussi le Dr Sylvie Royant-Parola, présidente du Réseau Morphée, psychiatre et médecin spécialiste du sommeil.