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Ebola : un anticorps monoclonal unique prouve son efficacité

Testé à titre expérimental depuis mai 2018 en République démocratique du Congo, le traitement mAb114 contre Ebola s’avère sûr, bien toléré et facile à administrer.

Ebola : un anticorps monoclonal unique prouve son efficacité leoniepow/iStock

  • Publié 29.01.2019 à 12h03
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Alors que la République démocratique du Congo (RDC) connaît depuis le mois d’août sa dixième épidémie du virus Ebola depuis les années 1970, une étude encourageante vient d’être publiée dans The Lancet.

Celle-ci fait les conclusions d'un essai clinique de stade précoce qui a prouvé son efficacité sur les sujets l’ayant reçu à titre expérimental en RDC.

Un traitement bien toléré et facile à administrer

Appelé mAb114, ce nouveau traitement a été administré à 18 adultes en bonne santé lors d’un essai clinique de phase 1 réalisé au centre clinique des Instituts nationaux de la santé (NIH) à Bethesda, dans le Maryland. Il est aujourd’hui proposé aux patients atteints de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo dans le cadre d’une utilisation compassionnelle et dans le cadre d’un essai clinique de phase 2/3 portant sur plusieurs traitements expérimentaux.

La particularité du mAb114 est qu’il s’agit d’un anticorps monoclonal unique, c’est-à-dire un anticorps issu d'une seule et même souche de lymphocytes. Un anticorps monoclonal a une spécificité unique pour un seul antigène, qui se lie au récepteur principal de la protéine de surface du virus Ebaïavirus du Zaïre : cette action empêche ainsi le virus d'infecter les cellules humaines. Les scientifiques sont parvenus à isoler l'anticorps d'un survivant humain de l'épidémie d'Ebola de 1995 à Kikwit, en RDC. Des études antérieures ont montré que mAb114 peut protéger les singes contre la maladie mortelle causée par le virus Ebola lorsqu'il est administré jusqu'à cinq jours après l'infection.

Les participants à l'essai clinique de phase 1 ont reçu une seule perfusion intraveineuse de mAb114, administrée en environ 30 minutes. Trois participants ont reçu une dose de 5 milligrammes (mg)/kilogramme (kg), 5 ont reçu une dose de 25 mg / kg et enfin 10 participants ont reçu une dose de 50 mg/kg. Toutes les perfusions ont été bien tolérées. Quatre participants ont signalé des effets secondaires bénins, tels qu’une gêne, des douleurs musculaires ou articulaires, des maux de tête, des nausées et frissons, dans les trois jours suivant la perfusion.

Comme prévu par les scientifiques, les taux de mAb114 dans le sang ont augmenté parallèlement à l'augmentation de la posologie. Les chercheurs ont également observé des niveaux relativement uniformes d'absorption, de distribution et d'élimination de mAb114 parmi les participants.

Pour les auteurs de l’étude, le déploiement du traitement mAb114 en situation d’épidémie présente de nombreux avantages, parmi lesquels la facilité et la rapidité de son administration, ainsi que sa formulation sous forme de poudre lyophilisée ne nécessitant pas de stockage en congélateur. La poudre est reconstituée avec de l’eau stérile et ajoutée à une solution saline pour administration.

"Les outils pharmaceutiques ne suffisent pas à eux seuls à arrêter une épidémie d’Ebola"

Pour le moment, aucune date n’a été donnée pour une éventuelle mise à disposition du traitement mAb114 auprès de la population congolaise. Dans un entretien accordé au site SciDev.Net, Annick Antierens, conseillère médicale stratégique de Médecins Sans Frontières (MSF) estime que "les outils pharmaceutiques ne suffisent pas à eux seuls à arrêter une épidémie d’Ebola". Il faut aussi poursuivre sur le terrain le travail de sensibilisation auprès des populations à risque, rechercher les personnes malades pour éviter de nouvelles contaminations et apporter un soutien aux soins de santé réguliers autres que ceux tournés vers Ebola.

Une réserve que partage Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa et codécouvreur du virus Ebola. "Nous aurons gagné une bataille, mais pas encore la guerre, qui se projette à l’horizon : convaincre nos pairs et travailler ensemble pour améliorer cette thérapie contre le virus Ebola."

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