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Prise en charge de l’AVC

Un médecin s’alarme du manque de lits après les soins d’urgence

Par la rédaction

Faute de places dans des structures spécialisées, les personnes âgées victimes d'attaque cérébrale peuvent rester plusieurs mois dans un service d'urgence.

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La prise en charge des accidents vasculaires cérébraux se heurte à un nouveu défi : le vieillissement de la population. Une situation qui complique la prise en charge et l’organisation des soins. «  Un tiers des lits de mon service est occupé par des personnes âgées gravement handicapées qui attendent une place dans des structures adaptées, s’alarme dans le Journal du Dimanche, le Pr Nobert Nighoghossian, chef de l’unité neurovasculaire des Hospices civils de Lyon . Ces personnes très fragiles ont besoin d’être prises en charge des établissements de soins spécialisés en long séjour ou dans des maisons de retraite médicalisées. Normalement, une personne qui arrive en urgence dans mon service devrait rester près de huit jours, mais faute de place ou à cause des délais, elles restent deux à trois mois… témoigne le chef de ce service de pointe spécialisé dans le traitement d’urgence de l’AVC. Un défi pour les équipes spécialisées dans les soins d’urgence « Ces malades ont besoin de gériatres, de kinés, d’orthophonistes, souligne le neurologue. En outre, l'allongement de la durée de séjour à l'hôpital augmente le risque de complications et diminue les chances de récupération. 

En France, la prise en charge des AVC a pourtant fait d’énormes progrès. L’orgnisation de la prise en charge a été réformée. Depuis 2010, un plan national d’actions est piloté par le ministère de la santé. Des unités neurovasculaires (UNV), comme celles des Hospices civils de Lyon, ont été créées sur tout le territoire, afin de permettre une couverture homogène des soins en urgence, et d’être efficace dans les trois heures qui suivent un AVC.

Sur le plan technique, les médecins disposent de protocoles qui permettent, si la victime d’une attaque cérébrale est prise en charge dans les temps, d’améliorer la survie à court terme et à plus long terme. Et les résultats sont probants, comme en témoigne une étude parue en mars dernier. Près de 4 patients sur 10 récupèrent complètement 3 ans après le débouchage de l’artère grâce à la thrombolyse ! Entendez par là, qu’ils n’ont aucune séquelle neurologique avec des activités et une autonomie parfaitement conservées. C’est la 1ère fois qu’une étude a montré des résultats à si long terme, les autres s’arrêtant à 3 ou 6 mois.

Mais ces progrès se heurtent aux complications liées au vieillissement. Au-delà de 80 ans, il est plus difficile de récupérer. Les artères sont plus fragiles, le cœur est moins vigoureux. « Après avoir organisé l’amont, il faut réorganiser l’aval,plaide le Nobert Nighoghossian. Notre service traite près de 900 AVC par an, il pourrait monter jusqu’à 1200 en réduisant la durée moyenne de séjour à ce qui est médicalement indiqué. Le besoin est là : dans un rayon de 30 km autour de l’hôpital on compte près de 4 000 AVC par an. »