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Don d'organe

Des parents lancent un appel sur Facebook pour trouver «un nouveau coeur» à leur bébé

Par Anaïs Col

Les parents du petit Antoine, très marqués par le décès de leur premier enfant alors qu'il n'avait que 23 jours, lancent un appel au don d'organes pour sauver leur fils, atteint du même problème cardiaque. 

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Agé d'un mois et hospitalisé à l'hôpital cardiologique de Bron, près de Lyon, Antoine a besoin "d'un nouveau coeur pour continuer à vivre". Le petit garçon "n'avait que trois jours quand les médecins nous ont dit qu'une défaillance cardiaque empêchait son coeur de se contracter correctement", a expliqué à l'AFP son père Kevin Chalaye. "Ils ont ajouté que le coeur allait à terme se fragiliser ainsi que les organes qu'il irrigue et que la seule chance de survie d'Antoine était une transplantation".

Mais une telle opération est délicate à réaliser sur un bébé aussi jeune. De même, les critères de compatibilité sont très précis. Le délai d'attente pour un don d'organe est en moyenne de sept mois. Les donneurs "compatibles" doivent peser "entre 2,5 kilos et 8 kilos et avoir moins d'un an", précise le papa.

"J'ai besoin d'un nouveau cœur pour continuer à vivre"

Pour accélérer la procédure et sensibiliser le grand public au don d'organes, les parents du nouveau-né ont créé une page Facebook baptisée "un coeur pour Antoine" et qui comptabilise déjà plus de 10 000 abonnés. Ils écrivent : "Je m'appelle Antoine, je suis né le 22 novembre 2018 et j'ai le cœur malade tout comme mon grand frère Gabriel qui n'a pas eu le temps de connaître beaucoup la vie. Il n'a vécu que 23 jours... J'ai besoin d'un nouveau cœur pour continuer à vivre. La greffe est ma seule chance... Pensez au don d'organes, un jour quelqu'un que vous aimez pourrait en avoir besoin..."

Selon Kevin Chalaye, environ "deux parents sur trois refusent que leur enfant soit donneur. C'est déjà très éprouvant de perdre un enfant, alors s'il vous est demandé de prendre son coeur, bien évidemment que ce n'est pas facile à accepter (...) Mais une seule personne sensibilisée peut sauver un enfant".

Plus de 6000 greffes réalisées en 2017

En 2017, pour la première fois en France, la barre des 6000 greffes d'organes par an a été dépassée. Dans le détail, 6105 greffes ont eu lieu l’an dernier, soit 3,5% de plus qu’en 2016 et 19% de plus qu’en 2013. La greffe la plus courante reste la greffe de rein, qui représente près de deux tiers de l’ensemble des greffes, avec 3782 opérations réalisées, dont 611 grâce à un donneur vivant, précise cette agence qui assure la répartition et l’attribution des organes aux personnes dans le besoin. Arrivent ensuite les greffes de foie (1374 greffes dont 18 réalisées grâce à un donneur vivant) puis de cœur (467 greffes). Ont également eu lieu en 2017, 378 greffes de poumons, 96 de pancréas, 6 de cœur-poumons et enfin 2 d’intestins.

Depuis le 1er janvier 2016, afin de diminuer le nombre de refus de prélèvement, tous les Français sont automatiquement considérés comme des donneurs d’organes présumés après leur mort, sauf déclaration contraire au Registre officiel des refus. "Avant, si le défunt n'était pas inscrit au Registre officiel des refus, la famille pouvait faire part de son désaccord de façon orale. Maintenant, les proches doivent écrire une lettre décrivant quand le défunt a mentionné ne pas souhaiter donner ses organes, et pourquoi", détaillait Serge Goutchtat, président de l'Association pour le don d'organes et de tissus humains de la Haute-Garonne (ADOT 31) à La Dépêche au moment de l’entrée en vigueur de la loi au 1er janvier 2017.