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Une première en France

Don d'organes : 6105 greffes ont été réalisées en France en 2017, 19% de plus qu’en 2013

6105 greffes d'organes ont été réalisées en France en 2017, soit 3,5% de plus qu’en 2016 et 19% de plus qu’en 2013, a annoncé mardi l'Agence de biomédecine qui assure la répartition et l’attribution des organes aux malades. 

Don d'organes : 6105 greffes ont été réalisées en France en 2017, 19% de plus qu’en 2013 Leestat /iStock

  • Publié 14.06.2018 à 12h50
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Un chiffre historique. Pour la première fois en France, la barre des 6000 greffes d'organes annuelles a été dépassée, a annoncé le 12 juin l’Agence de la biomédecine à l’approche de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe "qui vise à toujours mieux faire prendre conscience à la population que tout le monde est un donneur potentiel d’organes et de tissus".

Dans le détail, 6105 greffes ont eu lieu l’an dernier, soit 3,5% de plus qu’en 2016 et 19% de plus qu’en 2013. La greffe la plus courante reste la greffe de rein, qui représente près de deux tiers de l’ensemble des greffes, avec 3782 opérations réalisées, dont 611 grâce à un donneur vivant, précise cette agence qui assure la répartition et l’attribution des organes aux personnes dans le besoin. Arrivent ensuite les greffes de foie (1374 greffes dont 18 réalisées grâce à un donneur vivant) puis de cœur (467 greffes). Ont également eu lieu en 2017, 378 greffes de poumons, 96 de pancréas, 6 de cœur-poumons et enfin 2 d’intestins.

"Il y a eu beaucoup de progrès en 30 ans, puisqu’en 1985, on faisait 1360 greffes en France", se félicite le Professeur Olivier Bastien, responsable du prélèvement et des greffes d’organes et de tissus à l’Agence de biomédecine. Et en règle générale, les greffes sont un succès, puisque, d’après le communiqué de presse de l’Agence, "en France, plus de 57 000 personnes vivent grâce à un organe greffé et plus de 75% des personnes greffées vivent bien avec leur greffon après 10 ans de greffe". Car le don d’organes ne permet pas seulement "de gagner des années", il permet également de gagner en "qualité de vie", explique le Pr Bastien.

Tous les Français sont donneurs par défaut

Rappelons que les prélèvements viennent en grande majorité de personnes décédées, de manière obligatoirement gratuite et anonyme. Il arrive toutefois, notamment pour les transplantations de rein, que des personnes vivantes donnent leur organe. En 2011, le cercle des donneurs vivants a été élargi de la famille à toute personne majeure, en bonne santé et pouvant prouver un lien affectif étroit depuis au moins deux ans avec le receveur. En outre, la personne qui donne doit bien sûr être compatible avec le malade.

Depuis le 1er janvier 2016, afin de diminuer le nombre de refus de prélèvement, tous les Français sont automatiquement considérés comme des donneurs d’organes présumés après leur mort, sauf déclaration contraire au Registre officiel des refus. "Avant, si le défunt n'était pas inscrit au Registre officiel des refus, la famille pouvait faire part de son désaccord de façon orale. Maintenant, les proches doivent écrire une lettre décrivant quand le défunt a mentionné ne pas souhaiter donner ses organes, et pourquoi", détaillait Serge Goutchtat, président de l'Association pour le don d'organes et de tissus humains de la Haute-Garonne (ADOT 31) à La Dépêche au moment de l’entrée en vigueur de la loi au 1er janvier 2017. Et de préciser : "Avant, le témoignage oral d'opposition permettait aux familles de refuser le don même si la personne était consentante. Désormais, je pense que cette obligation de faire la demande par écrit fera réfléchir certaines familles à deux fois avant de prendre une décision". Car en 2015, 32,5% des familles consultées avaient refusé de donner les organes de leurs proches.

Mais il semblerait que la communication autour de cette nouvelle loi ait payée puisqu’en 2017, le taux de refus est tombé à 26,6%, se félicitait l’année dernière le député du Rhône Jean-Louis Touraine, rapporteur d'une mission "flash" sur le sujet. Selon les auteurs du rapport, cela reste encore trop, d’autant plus que, d’après un sondage Harris réalisé en de 2016, huit Français sur dix sont favorables à ce que l'on prélève leurs organes.

24 000 patients en attente d'une greffe en 2017

Aussi, pour l’Agence de la biomédecine, afin qu’il y ait une plus grande adéquation avec les besoins en greffe de plus en plus nombreux (entre 2012 et 2016, le nombre de patients en attente d'une greffe a augmenté de 36 % et près de 24 000 patients étaient en attente d’un organe en 2017), le refus de prélèvement doit passer sous la barre de 25 % d'ici à 2021. Un plan "2017-2021" prévoit par ailleurs d'atteindre l'objectif de 7 800 greffes annuelles, dont 1000 à partir d’un donneur vivant. Actuellement, la majorité des greffons sont prélevés chez des personnes en état de mort encéphalique, soit 1% des décès seulement à l’hôpital.

C’est pourquoi, afin d'"aller encore plus loin", l’Agence de biomédecine, organise le 22 juin sa 18ème  Journée nationale de réflexion sur le sujet pour informer le grand public sur le sujet et mettre en valeur toute la chaîne du don, des patients aux soignants en passant par les proches. A cette occasion, des évènements publics auront lieu partout en France. Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.dondorganes.fr/evenements.

L'Espagne, championne du monde

En 2015, 4 769 organes ont été prélevés chez 1 851 donneurs espagnols. La même année en France, 1 769 personnes décédées ont été prélevées, permettant de greffer 5 746 organes. Avec 40 donneurs par million d’habitants - contre 27,4 par million de personne en France - l'Espagne est leader dans le domaine. Comme en France, la loi veut que les Espagnols n'ayant pas fait part de leur refus de donner leurs organes, soient donneurs par défaut à leur mort. Mais leur succès s'explique également grâce à leur organisation du système de prélèvement et de transplantation. Au sein des hôpitaux espagnols, des personnels soignants se consacrent à plein temps à la recherche d’organes et à l’organisation des greffes.

"Le succès le plus important ce notre système est que le don d’organe est systématiquement évoqué lorsqu’un patient décède, et ce indépendamment des circonstances du décès, explique Beatriz Dominguez-Gil, co-auteur d'une étude publiée en 2017 sur le sujet. Les professionnels qui s’occupent de ces patients en fin de vie considèrent qu’il est de leur devoir de poser la question du don d’organe". Les Espagnols ont donc des critères de sélection plus vastes, notamment concernant l'âge des donneurs : plus de 10 % ont plus de 80 ans, alors qu'en France en 2015, près de 40 % des donneurs avaient plus de 65 ans.

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