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Douanes

Médicaments contrefaits : en tête des saisies

Par Bruno Martrette

Selon l’OMS, 1 médicament sur 2 vendu sur le web est une contrefaçon. Avec 27 millions de boîtes interceptées par an, en Europe il reste le produit le plus saisi aux frontières.

HADJ/SIPA

Le 17 mai dernier, les enquêteurs de la direction des opérations douanières du Havre ont intercepté 1,2 million sachets d’aspirine de contrefaçon. C’est la plus importante saisie de médicaments jamais réalisée par les douanes françaises et même au sein de l’Union européenne. Aucun principe actif de l’aspirine n’a été décelé dans les échantillons prélevés. Les sachets étaient essentiellement composés de sucre. La contrefaçon de médicaments est aujourd'hui un fléau aux ramifications internationales et que les pays ont du mal à contenir. 


Les faux médicaments représentent en effet 25% des marchandises de contrefaçon bloquées aux frontières de l'Union européenne. Avec 27 millions de boîtes interceptées par an, le médicament est le produit le plus appréhendé aux frontières de l'Europe.

Pourtant, de nombreux médicaments contrefaits continuent d'échapper aux saisies. L'Oms considère que dans certains pays émergents, ces fausses molécules représentent 10% du marché. On y trouve des médicaments contre les troubles de l'érection, contre l'obésité, des prothèses mais aussi des médicaments contre des maladies graves: maladies cardio-vasculaires, cancers.
Et la contrefaçon aujourd'hui inquiéte encore davantage depuis que les médicaments se  vendent sur Internet. Selon les chiffres de l'Oms, 1 médicament sur 2 vendu sur le net serait contrefait. L'Association of Boards of Pharmacy (NABP) estime, elle, que  96% des pharmacies en ligne sont illégales.

Pour se conformer à une directive européenne et pour tenter marginaliser le marché sauvage,  le gouvernement français a décidé récemment de légaliser la vente en ligne des médicaments par les pharmaciens. 

Du côté des consommateurs, le risque d'acheter en ligne des produis contrefaits est bien identifié. Selon un sondage réalisé par l'Ipsos (1) pour l'Ircam et l'Unifab (2), 3% seulement des Français auraient déjà passé commande sur internet. « Une pratique encore rare », estiment l'Insitut de recherche anti-contrefaçon et l'Union des fabricants.
« Les patients ne semblent pas tout à fait prêts », analysent les commanditaires du sondage. 17% des personnes interrogées sont disposées à acheter des médicaments en ligne. Parmi les acheteurs avérés, un sur deux (44%) avoue être mal informé. Et 77% des Français pensent que l'achat de médicament sur internet est illégal. Pour l'Ircam et l'Unifab, « les Français restent prudents dans une Europe où le trafic de médicaments illicites vendus sur internet explose ». 

 

(1) Sondage Ifop réalisé en septembre 2012 sur 999 personnes représentatif de la population française.

(2)L'Institut de Recherche anti contrefaçon de médicaments sensibilise le grand public et les autorités  aux fléaux et aux dangers du trafic.

L'Union des Fabricants regroupe plus de 200 entreprises issues de l'innovation et qui défendent la propriété industrielle