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Cancer du sein : que sont les tests génomiques qui permettent d'éviter la chimio ?

Récemment arrivés en France, les tests génomiques permettent à certaines patientes souffrant d'un cancer du sein d’éviter la chimiothérapie et de prédire les risques de récidive. 

Cancer du sein : que sont les tests génomiques qui permettent d'éviter la chimio ? dolgachov / Istock

  • Publié 08.10.2018 à 12h30
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"Je souffre encore des conséquences de l’hormonothérapie et des rayons, alors je me dis, mon Dieu, si en plus il avait fallu faire une chimio qui n’aurait eu aucun effet…". Publié dans 20 minutes, le témoignage de Nathalie, guérie d’un cancer du sein, résume bien l’intérêt des nouveaux tests génomiques. Récemment arrivés en France, ils permettent à certaines patientes d’éviter la chimiothérapie et de prédire les risques de récidive. Il faut pour ce faire, d’abord enlever la tumeur cancéreuse du sein via une chirurgie. Ensuite, le test génomique scanne les gènes de la tumeur et indique la meilleure façon de traiter le cancer.

"Ce test va mesurer dans une tumeur l’importance de 21 gènes, ce qui donne des informations sur son agressivité", précise Daniel Zarka, chirurgien cancérologue et président de l’Institut français du sein. "On va en tirer un score qui va de 0 à 100. Plus il est élevé, plus le risque est grand d’avoir des métastases et des récidives. Si le score est très bas, on ne va pas donner de chimio et on se contente de l’hormonothérapie", ajoute-t-il.

MammaPrint, Pam50-Prosigna TM, Endopredict et Oncotype DX

Quatre tests génomiques sont aujourd’hui utilisés en France : MammaPrint, Pam50-Prosigna TM, Endopredict et Oncotype DX. Selon une récente étude, Oncotype DX est le test le plus sûr. Il permet d’éviter une chimiothérapie chez deux tiers (70%) des patientes atteintes d’un cancer du sein. Reste le problème du prix de ces tests, très coûteux. Valant un peu plus de 3000 euros, ils ne sont remboursés qu’à hauteur de 1 850 euros, par un budget dédié aux traitements innovants du ministère de la Santé - donc non pérenne. 

Ces avancées s’inscrivent dans la tendance globale du dépistage personnalisé qui vise à éviter le sur-diagnostic du cancer du sein. "L’idée est d’améliorer, à l’échelle individuelle, le rapport bénéfice-risque du dépistage du cancer du sein", nous explique Suzette Delaloge, oncologue à Gustave Roussy et coordinatrice de MyPeBS, première étude d’ampleur sur le sujet. "Ce type de dépistage vise à estimer le risque de chaque personne de développer un cancer dans les années à venir. Si le risque est élevé, la patiente devra faire plus d’examens, plus rapprochés dans le temps. A l’inverse, si le risque est faible, on pourra faire moins de dépistage", développe la scientifique.

Première cause de décès par cancer chez les femmes

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment observé chez les femmes en France, comme dans l'Union européenne et aux États-Unis. Le nombre de cas recensés chaque année a tendance à diminuer depuis 2005, même si cette maladie reste la première cause de décès par cancer chez les femmes. Dépistée à un stade précoce, la survie à 5 ans est de 99%.

Pourtant et selon une toute récente étude, ces progrès sont autant visibles chez celles qui ne se soumettent pas au dépistage que chez celles qui le font. "La sensibilité n'est pas parfaite, il y a quand même pas mal de cancers d'intervalle (entre deux mammographies), il y a des faux positifs (des femmes qui ont une image suspecte qui va s'avérer bénigne, pour lesquelles il faudra faire une biopsie), il y a aussi le problème du surdiagnostic... Tout ça forme un faisceau de critiques qui milite en faveur d'une amélioration du dépistage", nous confirme Suzette Delaloge.

En octobre 2018, pour la 25ème année consécutive en France, la campagne de lutte contre le cancer du sein Octobre rose, organisée par l'association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! propose de lutter contre la maladie en informant, en dialoguant et en mobilisant.

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