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Hôpital de Besançon

Renvoyée des urgences, elle rentre chez elle et fait une fausse couche

Par Chloé Savellon

Le 17 août dernier, une femme s'est rendue aux urgences de l'hôpital de Besançon alors qu'elle faisait une fausse couche. Renvoyée chez elle quelques heures plus tard, elle a accouché seule du fœtus mort. 

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L'histoire est hallucinante. Le 17 août, Magdalena Cocatrix, enceinte de trois mois, s'est rendue aux services des urgences gynéco-obstétricales de l'hôpital de Besançon après avoir perdu une quantité importante de sang pendant la nuit. Prise en charge par l'hôpital au bout de 3 heures d'attente, la jeune femme a finalement été invitée à rentrer chez elle avec une ordonnance pour des anti-douleurs. 

Quelques heures auparavant, les médecins lui avaient annoncé qu'elle avait malheureusement fait une fausse couche et que le fœtus sortirait peu à peu. De retour chez elle, la femme a éprouvé de vives douleurs et a fini par expulser le fœtus mort dans sa baignoire. 

Un fœtus à mettre à la poubelle

"J’ai pris le tram et les contractions ont commencé. J’avais atrocement mal. À peine arrivée chez moi, j’ai senti qu’une petite masse était expulsée (...) Je me suis enfermée à la salle de bains et me suis dévêtue avant d’aller dans la baignoire vide. J’ai recueilli mon bébé dans les mains. Il mesurait environ 7 cm et était entier, formé (..) J’avais peur d’une infection et d’une hémorragie massive", raconte-elle dans les colonnes du journal L'Est Républicain. 

Profondément choqué, son compagnon Alan Thierret a alors appelé l'hôpital : "La personne au bout du fil m’a dit que l’hôpital n’en ferait rien et que nous n’avions qu’à le mettre à la poubelle !", rapporte-t-il à L'Est républicain.

"J’ai peur de retomber enceinte"

Le couple a fini par se tourner vers leur médecin généraliste, qui a reçu Magdalena en urgence afin de s'assurer que la jeune femme ne risquait plus rien. Le médecin lui a prescrit des médicaments ainsi qu'une prise de sang à faire toutes les 48h pendant une semaine. Si Magdalena a été prise en charge in extremis, elle n'en reste pas moins traumatisée. "Ils ne m’ont jamais demandé comment je me sentais, ni pendant, ni après. J’ai peur de retomber enceinte et de me retrouver dans la même situation", explique-t-elle à L'Est républicain

L'hôpital se justifie

"La lecture de ce témoignage douloureux, que nous regrettons de n’avoir pas reçu directement, nécessite de recueillir des éléments précis sur les conditions de prise en charge de cette patiente pour lui fournir toutes les informations qu’elle recherche. Dans ce but, Mme Cocatrix peut prendre contact avec la direction de l’établissement dès qu’elle le souhaitera. Les questions que vous posez étant liées à la situation médicale de la patiente, il ne nous est pas possible de vous fournir des réponses relevant du secret médical", s'est justifié l'hôpital de Besançon, contacté par nos confrères de l'Est Républicain