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H7N9 et H5N1

La France se prépare à prendre en charge des cas de grippe aviaire

Par Cécile Coumau

Aucun cas de grippe aviaire n'a pour le moment été recensé en Europe. Mais, le Haut conseil de la santé publique n'exclut pas cette possibilité. Il publie donc des recommandations pour prendre en charge d'éventuels malades.

TRAVERS ERIC/SIPA
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Le risque de propagation d’un virus de grippe aviaire en Europe est jugé faible mais suffisamment important tout de même pour que le Haut conseil de la santé publique prenne les devants. Le HCSP a en effet publié le 2 mai des recommandations pour la prise en charge d’éventuels cas de virus grippaux A(H7N9) et A(H5N1). Pour justifier la prise de telles mesures de prévention, le HCSP précise que « l’entrée de personnes infectées n’est pas exclue », et que ces virus ont un « potentiel pandémique » et une « forte létalité ». A la date du 29 avril 2013, 128 cas dus au nouveau variant A(H7N9), dont 24 décès, ont été notifiés dans 9 provinces chinoises dont Taiwan.


Quand suspecter un cas de grippe aviaire ?

Pour le Haut conseil de la santé publique, le profil du cas possible est le suivant : « toute personne ayant voyagé ou séjourné en zone exposée, qui, au cours des 10 jours après son retour, présente des signes cliniques d'infection respiratoire aiguë grave basse (nécessitant une hospitalisation). » Quant aux personnes ayant été en contact avec un cas possible ou confirmé de grippe aviaire, elles doivent être, elles aussi, prises en charge si elles souffrent d’une infection respiratoire aiguë.

Le cas n’est confirmé que si une analyse virologique confirme la présence du virus aviaire A(H7N9) ou A(H5N1).


Quelles sont les mesures d’hygène à prendre ?


Premièrement, « si le patient contacte le système de santé (son médecin, le Centre 15), il conviendra de ne pas l’orienter d’emblée vers les secteurs d’accueil des urgences, afin d’éviter le contact avec d’autres patients ».

Deuxièmement, dès qu’un cas est suspecté, des précautions d’hygiène doivent être prises immédiatement. Chez le médecin généraliste, cela signifie : mettre un masque au minimum chirurgical, des lunettes de protection, proposer au patient de porter lui aussi un masque chirurgical, demander au patient de réaliser un geste d’hygiène des mains, et porter des gants durant l’examen clinique. » A l’hôpital, tout doit être fait également pour éviter une éventuelle contamination : surblouse et gants à usage unique, chambre individuelle, si possible avec un sas, etc.


Quels sont les médicaments recommandés ?


Les antiviraux ont fait la preuve de leur efficacité. Le HCSP précise que « les souches A(H7N9) et A(H5N1) testées sont sensibles aux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir et zanamivir) et résistantes à l’amantadine et la rimantadine. » Mais, il ne faut pas perdre de temps. Le traitement antiviral doit être institué le plus rapidement possible, au mieux dans les 48 premières heures après apparition des symptômes.

 
Faut-il traiter l’entourage  des cas de grippe aviaire confirmés ?


Non, répond le HCSP. «Pour les contacts étroits de cas confirmés, il n'y a pas lieu de traiter en l'absence de transmission interhumaine avérée. » Seule précaution à prendre : éviter de fréquenter d’autres personnes de façon rapprochée.