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Tisanes de cannabis saisies par les gendarmes : le parquet décide de les remettre en vente

Alors que tout son stock de tisanes de cannabis avait été saisi jeudi 31 mai par les gendarmes de Vire (Calvados), le parquet normand a décidé de restituer l’intégralité de la marchandise au commerçant. Les produits sont donc de nouveau en vente.

Tisanes de cannabis saisies par les gendarmes : le parquet décide de les remettre en vente Istock / Creative-Family

  • Publié 02.06.2018 à 13h50
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L’épicier François Seigneur se dit "très content" de la décision du Parquet, et pour cause. Alors que tout son stock de tisanes de cannabis avait été saisi jeudi 31 mai par les gendarmes de Vire (Calvados), le parquet normand a décidé de restituer l’intégralité de la marchandise au commerçant. Les produits sont donc de nouveau en vente.

Ces produits qui contiennent un taux de THC inférieur à 0,2%

"J’ai le droit de commercialiser ces tisanes ! C’est inscrit dans l’article R. 5132-86 du Code de santé publique. Je me suis bien évidemment renseigné avant de commercialiser ces produits qui contiennent un taux de THC inférieur à 0,2%. C’est la même chose que dans le liquide pour les cigarettes électroniques. Depuis six mois, il y en a plein qui le font en France, mais je suis le premier à commercialiser ce genre de produits en Normandie, explique Jean-François Seigneur", se justifie François Seigneur.

Commercialisée depuis le 26 mai, les tisanes au cannabis ont connu un succès fulgurant dans la région normande et au-delà. La page facebook qui leur est consacrée cumule déjà plus de 8000 visites.

Aucun effet psychoactif

À Annœullin, au sud de Lille, des commerçants vendent aussi depuis le 20 mai dernier du cannabis thérapeutique. Les produits à base de marijuana qu’ils proposent (infusions, liquides pour vapoteuse ou huiles) n’ont aucun effet psychotrope. Ils ne contiennent pas de THC, la molécule qui fait du cannabis une drogue. "Nos produits n’ont aucun effet psychoactif et il n’y a pas d’addiction. En revanche, le CBD, ou cannabidiol, a des effets très bénéfiques sur des pathologies comme l’arthrose", explique au Parisien Eloïse Masselot. De fait, sa boutique ne désemplit pas.

La France est en pleine reflexion sur l’usage du cannabis thérapeutique. Alors que l’usage médical du cannabis a été discuté le 12 avril dernier à l’Assemblée nationale, le Comité ethique et cancer examinera aussi bientôt cette question après la saisine récente d’une patiente sur le caractère "inéthique" de l’interdiction du cannabis dans un contexte thérapeutique.

Les données scientifiques manquent

Actuellement, un seul médicament cannabinoïde possède une autorisation de mise sur le marché français : le Sativex, recommandé contre la spasticité et la sclérose en plaques. Le dronabinol et le cannabidiol, utilisés pour des patients atteints de douleurs neuropathiques réfractaires aux traitements classiques ou des épilepsies sont accessibles, mais seulement avec une autorisation temporaire nominative (procédure permettant de mettre à disposition de certains patients un médicament n’ayant pas d’autorisation de mise sur le marché et ne faisant pas l’objet d’un essai clinique dans cette indication).

Le débat est complexe, d’autant que les données scientifiques manquent sur l’usage thérapeutique du cannabis. Aux Etats-Unis, où son usage est autorisé dans certains Etat, près de la moitié des oncologues parlent de la consommation de marijuana à des fins thérapeutiques à leurs patients sans être suffisamment informés sur le sujet, selon une nouvelle étude publiée dans le Journal of Clinical Oncology. 80% des oncologues interrogés ont déclaré avoir déjà abordé la question du cannabis thérapeutique avec leurs patients, mais moins de 30% d’entre eux ont estimé avoir suffisamment de données scientifiques pour faire de telles recommandations.

"Les preuves scientifiques appuyant l'utilisation de la marijuana médicale en oncologie sont encore très minces, ce qui place les médecins dans une position très inconfortable", rappelle le docteur Ilana Braun, du Dana-Farber Institute of Adult Psychosocial Oncology. Jusqu'à présent, aucun essai clinique randomisé ne s’est penché sur les effets de la marijuana médicale chez les patients atteints de cancer, en dehors de ses effets sur les nausées, de sorte que les oncologues ne se fient qu’aux recherches sur l'utilisation du cannabis à des fins médicales dans le traitement de maladies autres que le cancer.

Un complément efficace au traitement standard de la douleur

Deux tiers des oncologistes interrogés pensent pourtant que la marijuana médicale est un complément efficace au traitement standard de la douleur. Une autre étude publiée dans The European Journal of Internal Medicine a démontré que le cannabis thérapeutique serait effectivement probant pour soigner les douleurs chez les personnes âgées. 901 patients de plus de 65 ans ont participé à cette recherche. Tous souffraient de douleurs liées soit au cancer, à la maladie de Parkinson, au stress post-traumatique, à une colite ulcéreuse (maladie inflammatoire de l'intestin), ou encore à la maladie de Crohn.

Après six mois de traitement à base de cannabis thérapeutique, plus de 93% des participants ont déclaré que leur douleur avait diminué de 4 à 8 points sur une échelle allant de 1 à 10. Plus de 70% des patients ont affirmé qu’ils ressentaient une amélioration globale de leur état.

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