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Analyse

Non, le retour de la coqueluche n’est pas dû à un défaut du vaccin

Par Johanna Hébert

Depuis la fin des années 70, la coqueluche fait son retour aux Etats-Unis. Selon une étude, publiée dans la revue Science Translational Medicine, cette infection respiratoire très contagieuse ne revient pas à cause d’un défaut du vaccin. 

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La coqueluche est une maladie qui se fait rare. Et pour cause. Beaucoup de pays, comme l’Australie, la France ou les Etats-Unis ont mis en place une vaccination généralisée depuis plus de cinquante ans. Longtemps considérée comme une maladie du nourrisson, la vaccination se fait en bas âge. Mais depuis la fin des années 70, la coqueluche fait son retour, notamment aux Etats-Unis. Des chercheurs américains de l’Université du Michigan ont cherché à savoir pourquoi. Ils publient leurs résultats dans la revue Science Translational Medicine

Pas la faute du vaccin

On pourrait penser que si la coqueluche fait son retour, c’est que le vaccin n’est plus efficace. Mais la réalité est toute autre. "Les croyances conventionnelles reposent sur l’idée que le vaccin actuel est le problème, mais ce n’est pas compatible avec ce que nous voyons", estime ainsi Aaron King, l’un des chercheurs de l’étude. Selon les chercheurs, la résurgence de cette maladie respiratoire hautement contagieuse est due à plusieurs facteurs. D’abord, la population, au fil des décennies, qui s’est renouvelée naturellement. Aussi, la couverture vaccinale aux Etats-Unis reste incomplète. Enfin, l’immunité donnée par le vaccin diminue progressivement. 

Fin de la lune de miel 

Le premier vaccin contre la coqueluche a été introduit à la fin des années 40. Selon les chercheurs il y a ensuite eu un phénomène que l’on appelle "lune de miel". Concrètement, le vaccin a été très efficace pendant des années. Il y a eu peu de malades. Mais selon les chercheurs, le retour de la coqueluche ces dernières décennies prouve la fin de cette lune de miel. 

Chaque année, la coqueluche est responsable de 195 000 morts par an dans le monde. À l’époque précédant le vaccin, la coqueluche était une maladie infantile très courante aux Etats-Unis. La plupart des enfants étaient exposés à la bactérie responsable de cette maladie, la Bortedella pertussis. Ils ont donc développé une immunité durable, toujours existante à l’âge adulte. Mais au fil des années, ces Américains "immunisés" ont disparu. 

Une vaccination incomplète

Parallèlement, le nombre d’adultes sensibles à la coqueluche a augmenté. Il s’agit des personnes qui n’ont pas été vaccinées pendant leur enfance. Les chercheurs soulignent là un point important: aux Etats-Unis le processus de vaccination est resté incomplet. 

Beaucoup d’Américains ont échappé à la maladie durant leur enfance, n’ont pas été vaccinés et n’ont donc pas bénéficié d’une immunité, naturelle ou non face à la maladie. En revanche, le vaccin offre une immunité plus longue que celle évoquée par ses détracteurs. Selon les chercheurs, le vaccin fait effet pendant plus de dix ans, contre cinq à sept ans selon les idées reçues.