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QUESTION D'ACTU

Hôpital en crise

Suicide à l’AP-HP : elle voulait que son suicide "serve à quelque chose"

Après le suicide d’une technicienne de laboratoire dans un hôpital parisien de l'AP-HP, l'Hôtel-Dieu, la semaine dernière, la CGT veut solliciter l’inspection du travail. Le syndicat dénonce depuis longtemps les conditions de travail et les économies imposées au milieu hospitalier. D'après elle, ce suicide aurait un sens.

Suicide à l’AP-HP : elle voulait que son suicide \ Istock/sudok1

  • Publié 09.03.2018 à 13h26
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  • Mise à jour le 10.03.2018 à 11h06
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Nous avions déjà alerté la précédente ministre, Marisol Touraine. Ça fait des années que ça dure. La situation est pire que celle que France Télécom a connue à ses heures les plus sombres,” a expliqué Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et membre de la CGT, sur Europe 1 hier.

La semaine dernière, une technicienne de laboratoire s’est suicidée à l’Hôtel Dieu, un hôpital de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP). C’est le cinquième suicide au sein de l’AP-HP depuis le début de l’année.

Elle souhaitait que son suicide serve à quelque chose

Cette laborantine d’une trentaine d’année était en arrêt maladie depuis juillet 2017. Comme beaucoup d'agents, elle avait enchaîné les contrats à durée déterminée (CDD) pendant toute sa carrière. Une pratique courante à l'AP-HP ou les personnels peuvent enchaîner des dizaines de CDD. L’annonce du non-renouvellement de l’un d’entre eux, à l’hôpital Bicêtre, avait motivé sa première tentative de suicide en 2016.

C'était des contrats au rabais, mais le travail était lui bien réel, dans les condition que l'on connaît mieux désormais : manque de personnel, charge de travail, horaires à rallonge... et heures supplémentaires. Pour le non-paiement de ses heures supplémentaires, elle avait saisi le tribunal administratif. Et tout cela, sans titularisation. “Elle avait alerté pour dire qu’elle allait passer à l’acte et souhaitait que son suicide serve à quelque chose. Elle voulait faire savoir ce qu’elle avait subi,” développe Christophe Prudhomme.

Pour dénoncer la précarisation des conditions de travail dans l’AP-HP, la CGT va solliciter l’inspection du travail afin d'ouvrir une enquête. “C’est intolérable ce que l’on subit, les plans d’économies, une attitude du directeur général (Martin Hirsch) qui est méprisante, qui a chaque fois qu’il y a un suicide explique que ces personnes avaient des problèmes, poursuit Christophe Prudhomme. On souhaiterait à un moment que Martin Hirsch soit condamné, qu’il assume ses responsabilités”

En 2017, neufs agents de l'AP-HP se sont suicidés

C’est la politique mise en place par Martin Hirsch qui est fustigée. En février, la direction de l’AP-HP avait annoncé un plan d’économies. Parmi les principales mesures, le gel de 0,5% de la masse salariale prévu en 2018 est vivement critiqué par les syndicats. Selon eux, cela équivaut à 600 emplois à temps plein. 

Après ce nouveau suicide, l’AP-HP a rapidement publié un communiqué afin de présenter ses condoléances et son soutien à la famille de la victime. Une occasion de rappeler que celle-ci s’apprêtait à consulter une psychologue de l’AP-HP à l’hôtel Dieu, quand elle est passée à l’acte.

Ainsi, l’AP-HP pense se dédouaner et met en avant les procédures mises en place pour prévenir les suicides. Reste qu’en 2017, neuf agents de l’AP-HP se sont suicidés selon le syndicat Sud Santé.

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