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La moitié des jeunes de 15 à 24 ans ont déjà souffert d'acouphènes

Plus de la moitié des adolescents ont déclaré avoir déjà ressenti des acouphènes. Les baladeurs, boîtes de nuit et méga-concerts nous promettaient une génération de sourds ; elle est au rendez-vous

La moitié des jeunes de 15 à 24 ans ont déjà souffert d'acouphènes patat

  • Publié 07.03.2018 à 18h39
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  • Mise à jour le 07.03.2018 à 20h18
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Quoi de plus anodin que d'avoir les oreilles qui bourdonnent à la sortie d'un concert ou d'une boite de nuit ? La plupart d'entre nous connaît cette sensation étrange, un peu comme si le cerveau était dans le brouillard. Cela passe généralement après une nuit de sommeil et au réveil on ne se souvient plus de l'anecdote. L'oreille elle s'en souvient.

Faire souffrir son audition, c'est tuer des cellules, c'est entamer un capital qui n'est pas infini, bien au contraire. Chez certains malchanceux la sensation ne disparaît pas, elle devient alors lancinante angoissante; ce sont des acouphènes.

Bourdonnements d'oreilles, mais aussi sifflements, bruits anormaux... ils  perturbent la vie de 14 à 17 millions de Français, surtout celle des jeunes adultes. Selon un sondage Ifop réalisée en vue de la Journée Nationale de l'Audition, le 8 mars, 28% des jeunes déclarent avoir déjà souffert d'acouphènes.

Acouphènes après un bruit ? D'abord une urgence !

Si le sifflement persiste après un concert, il s’agit d’une urgence qui nécessite l’intervention d’un spécialiste. Une urgence méprisée dans la majorité des cas, et c'est dommage parce que très vite le handicap devient irrémédiable. Baladeurs, boîtes de nuit et méga concerts où le son est à fond... le bruit trop fort en général  détruit irrémédiablement les cellules sensorielles de l'audition. 

Il n’y a pas si longtemps que le bruit le plus puissant que l’on pouvait rencontrer épisodiquement était un avion au décollage. Ce record est désormais largement battu par bon nombre de groupes lors de méga-concerts, mais également des discothèques mal contrôlées ou encore de nombreuses soirées techno. Les musiciens n'échappent pas bien évidemment au désastre: Phil Collins, Eric Clapton, Pete Townshend, le guitariste des Who, Barbra Streisand… en sont des victimes célèbres mais les valeureux soldats de la fosse d’orchestre se comptent par millions.  

Au delà d’une semaine, on est face à un acouphène.

Des bourdonnements, des tintements, des sifflements ou des chuintements, gâchent la vie de millions de Français . Des chiffres en constante augmentation car le niveau sonore de plus en plus élevé dans notre société, génère 200 000 nouveaux cas chaque année.

La plupart de ces douleurs pourraient être évitées, tout simplement en mettant en garde les enfants. Par exemple contre les baladeurs : depuis 1996, la loi impose une limite de 100 décibels. Un niveau déjà trop élevé. Un restaurant scolaire ou un carrefour routier très fréquenté représentent 95 décibels. Personne n’y resterait des heures entières.

Pourtant, il n’est pas rare de voir les adolescents utiliser, pendant des heures, leurs baladeurs qu’ils débrident à 120 décibels et plus, c’est-à-dire tout proche du seuil de douleur, donc de destruction, car l’oreille est un organe qui sait résister en se détériorant sans provoquer de souffrance.

Bruit insupportable

L’acouphène est vite insupportable. Parce qu’on ne « peut pas » ne pas entendre : impossible, à la différence des yeux, de fermer ses oreilles. Celui qui souffre ne se sent pas à l'origine du bruit et ne peut l’accepter : le cliquetis du stylo du voisin, en réunion, ne gêne jamais celui qui le génère.

Enfin, la tolérance baisse au fil du temps : on supporte de moins en moins le bruit d’une perceuse. On connaît mal l’origine de ce symptôme dont les mécanismes sont inconnus. La plupart du temps, malgré des examens complémentaires nombreux, on ne retrouve rien.

Pas de réel traitement

Pour soulager ces malades souvent épuisés, la mauvaise habitude de la plupart des médecins consiste à proposer, selon le principe du bruit que l’on finit par ne plus entendre par habitude, comme la circulation automobile au dehors d’un appartement, de supporter une gêne, pourtant définie la plupart du temps comme insupportable. Votre médecin ne dispose d’aucun médicament spécifique. Il fera avec ce qu’il a, sans aucune garantie d’efficacité, car la plupart ont plus d’effets indésirables que d’effets positifs… Le recours au psychiatre, mal perçu est souvent inutile.

Reste une méthode qui peut paraître un peu barbare : combattre le bruit par le bruit : musique le soir à l’endormissement ou, solution plus moderne, le « masqueur » d’acouphènes. Il s’agit d’une prothèse que l’on se met dans l’oreille et qui produit un bruit plus agréable pour l’oreille que celui de l’acouphène. Une forme de méthode Coué… 

-          L’ajout de sons plus agréables comme le bruit des vagues,

-          l’amplification des sons environnants,

-          et une nouvelle technique : la réduction des sons via la stimulation d’une fréquence opposée à celle de l’acouphène annulant la stimulation des neurones responsables des acouphènes et réduisant leur perception : La Thérapie d’Inhibition Latérale, intégrée dans l’aide auditive. Cette dernière technique permet, d'après les concepteurs,  de réduire, voire de supprimer, chez ceux qui souffrent, les acouphènes et ainsi enfin profiter de réels moments de silence. Pourquoi Docteur reviendra sur ces techniques lors de la Journée Nationale de l'Audition.

La prévention est facile mais essentielle; Mieux vaut être ringard que traumatisé…

Il faut répéter ces conseils simples : plus d’une heure d’écoute d’un baladeur débridé par jour fait dépasser le seuil limite. En discothèque, il faut sortir s’aérer les oreilles toutes les 30 minutes. S’il devient impossible de comprendre ce qu’il se dit à 1 mètre, c’est que le niveau dépasse 105 décibels : un signe d’alarme important. Il faut donc s’éloigner, mettre une protection discrète – en vente dans toutes les pharmacies – ou au pire, un morceau de coton.

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Un acouphène célèbre…

Un malade se plaignait d’entendre en permanence la radio. Son entourage avait fini par le considérer comme fou. Il n’a dû son salut qu’à l’opiniâtreté d’un médecin qui a d’abord vérifié la réalité des programmes entendus que lui décrivait avec précision son malade : toujours la même station, sans aucune interruption, 24 heures sur 24 ; de quoi devenir fou, en effet. Cet acouphène était survenu brutalement… au lendemain d’une visite chez le dentiste. L’explication était simple, le plombage dentaire faisait office d’antenne et fournissait des programmes radio clandestins, plutôt perturbants. Le traitement ne prit que quelques minutes !

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