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QUESTION D'ACTU

Journée nationale de l'audition

Acouphènes : consulter un médecin dans les 48h

Lorsque les acouphènes deviennent chroniques, le retour au silence est impossible. D'où l'importance de consulter rapidement un spécialiste.

Acouphènes : consulter un médecin dans les 48h SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 13.03.2014 à 19h42
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Des symptômes qu'il ne faut pas laisser traîner. C'est le message que souhaite faire passer les spécialistes à propos des acouphènes, en cette journée nationale de l'audition. Selon une enquête IPSOS-Crédit Agricole menée en février, ces perceptions auditives parasites, bourdonnements ou sifflements, concernent 1 Français sur 4 au cours de sa vie, soit près de 16 millions de personnes. Or, 51% des personnes ayant déjà ressenti des acouphènes n’ont pas consulté de médecin.
Pourtant « lorsqu’un acouphène dure plus de 48h, il faut absolument consulter, insiste le Dr Martine Orhesser, ORL à Paris. « Si les sifflements persistent jusqu’au lundi après une soirée le samedi soir, c’est qu’il y a eu un vrai traumatisme sonore, qui doit être rapidement pris en charge par des corticoïdes ou des vasodilatateurs avant que l’acouphène ne devienne chronique. »

 

Ecoutez le Dr Martine Orhesser, ORL spécialiste des acouphènes, à Paris : « Ces traumatismes auditifs sont irréversibles, surtout s’ils se répètent. »

 


La première cause d’acouphène est le traumatisme auditif en milieu professionnel ou lors des loisirs, qu’il s’agisse de la chasse ou de l’écoute de musique amplifiée. « Les normes ont beaucoup progressé en milieu professionnel, mais protéger ses oreilles lorsque l’on va en boîte de nuit n’est pas encore assez rentré dans les mœurs de nos jeunes, regrette le Dr Martine Orhesser. Et la législation n’est pas assez stricte pour imposer quoi que ce soit aux propriétaires de discothèques ou de salles de concert. »

Des conséquences néfastes pour la concentration

Près de 4 millions de Français sont dans cette situation d’acouphènes définitifs, consécutifs d’une perte d’audition même légère et qui peuvent se révéler particulièrement invalidants au quotidien. Les acouphènes sont considérés comme gênants par 88% des Français et ont des conséquences néfastes pour la concentration (81%) et la compréhension (78%). « Tous les individus ne sont pas gênés. Il faut comprendre que l’acouphène n’est pas qu’un problème d’oreille, ce qui compte, c’est ce que le cerveau en fait », explique le Dr Martine Orhesse. En effet, chez certaines personnes, le cerveau trie tout seul ce son parasite alors que chez d’autres, au contraire, il se bloque sur l’acouphène qui en devient alors obsédant. 

 

Ecoutez le Dr Martine Orhesser, ORL spécialiste des acouphènes, à Paris : « L’acouphène peut rester silencieux pendant des années jusqu’à ce qu’une période de stress ou un événement émotionnel provoque pour le cerveau une erreur de tri. »

 

Apprendre au cerveau à ignorer le bourdonnement

L’enjeu de la prise en charge de ces acouphènes chroniques est donc de réapprendre au cerveau à ignorer le sifflement ou le bourdonnement. Mais il ne suffit pas de renvoyer le patient chez lui en lui affirmant que son cerveau va s’habituer à l’acouphène, il faut une véritable prise en charge. « C’est ce qu’on appelle l’habituation. Cela passe par la sophrologie, la thérapie cognitivo-comportementale ou encore l’hypnose », explique Martine Orhesser. Il existe donc en France plus d’une trentaine d’équipes pluridisciplinaires cherchant à soulager ces patients de leurs acouphènes chroniques, réunies au sein de l’association française des équipes pluridisciplinaires en acouphénologie (Afrepa). « L’ORL ne peut pas tout faire face aux acouphènes, les psychologues, les sophrologues sont une aide indispensable. De même que les audioprothésistes, car en appareillant les déficits auditifs, même léger, on peut parvenir à créer un effet de masque sur l’acouphène », explique la spécialiste.

Ecoutez le Dr Martine Orhesser « On ne peut malheureusement pas apporter au patient la guérison qu’il souhaite. Lui rendre le silence est souvent très difficile mais on parvient à ce que le cerveau ne se préoccupe plus de l’acouphène. »

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