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Antibiotiques

Infection respiratoire chez l'enfant : certains antibiotiques accentuent les effets secondaires

Par Mégane Fleury

Les antibiotiques sont une solution efficace pour soigner les infections respiratoires chez l'enfant, mais ceux à spectre large, qui visent plus de bactéries, provoquent plus d’effets secondaires. Explications.

ilona75/epictura

"Les antibiotiques, c’est pas automatique": un slogan resté dans toutes les têtes. On sait aujourd’hui que les antibiotiques ne sont pas toujours efficaces. Ce qui est moins connu, c’est l’existence de différents types d’antibiotiques : ceux à spectre large et ceux à spectre étroit. La différence est le nombre de bactéries qu’ils visent : les premiers en détruisent plus que les seconds. Une étude de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, aux Etats-Unis, montre que si les deux sont efficaces, les effets secondaires sont moins nombreux avec les antibiotiques à spectre étroit dans le traitement des infections respiratoires de l’enfant. Les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Médical Association, relayés par le site Eurekalert!

A efficacité égale, plus de risques d’effets secondaires

Les scientifiques s’intéressent à trois types d’infections respiratoires : les otites, les angines streptococciques et les sinusites. Leur étude s’appuie sur les cas de 2 472 enfants. Ils ont interrogé leurs familles mais aussi des soignants. Le risque d’avoir des effets secondaires est de 3,7% pour les antibiotiques à spectre large, contre 2,7% pour les autres selon les données des équipes médicales. Les chiffres recueillis auprès des patients et de leur famille indiquent que ce taux est de 35,6% pour les antibiotiques à spectre large, et de 25,1% pour les autres. Toutefois, les traitements étaient aussi efficaces quelque soit le type d’antibiotique prescrit. 

L’enjeu de la résistance aux antibiotiques

L’utilisation d’antibiotiques à spectre étroit permet aussi de diminuer le risque de résistance du corps aux antibiotiques. C’est un enjeu réel aujourd’hui: le Centre européen de contrôle des maladies estime le nombre de décès liés à la résistance aux antiobiotiques à 25 000 chaque année en Europe.