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Laits infantiles contaminés

Lactalis : les victimes du lait contaminé à la salmonelle s’organisent pour porter plainte

Par Mégane Fleury

L’association des familles victimes du lait contaminé à la salmonelle va mettre en place un dépôt collectif de plaintes individuelles contre l’industriel Lactalis. Le ministre de l’agriculture a, quant à lui, nié toute responsabilité de l’Etat.

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Deux cent enfants victimes du lait contaminé à la salmonelle produit par Lactalis. C’est le nombre de mail de parents reçus par Quentin Guillemain. Il est président de l’association des familles victimes du lait contaminé à la salmonelle. Il reçoit chaque jour de nouveaux mails de parents signalant des cas.
Trente-six nourrissons ont été diagnostiqués comme contaminés, 16 ont été hospitalisés, mais ce chiffre pourrait croître selon Quentin Guillemain. L’association va organiser un « dépôt collectif des plaintes individuelles » contre le groupe pour « mise en danger de la vie d’autrui ».
Interrogé par plusieurs médias, Quentin Guillemain a dénoncé « l’indifférence des pouvoirs publics » et « les contradictions de l’administration ».

Lactalis dément les affirmations du Canard Enchaîné

Selon l’article paru dans le Canard Enchaîné mercredi, l’usine de Lactalis située à Craon en Mayenne a interrompu la fabrication des laits pour nourrissons, conformément à l’arrêté préfectoral du mois de décembre, mais pas celle des boîtes de céréales.
Jeudi, l’entreprise a démenti dans un communiqué : « Le groupe Lactalis confirme l’arrêt de toutes les activités de production de lait et produits infantiles de l’usine de Craon depuis le 8 décembre 2017 ». « On est dans des activités très contrôlées et en relation de transparence totale ».
Une transparence qui avait été remise en cause en décembre par un ancien producteur de lait pour Lactalis. Interrogé par Europe 1, il pensait que des analyses internes étant réalisées régulièrement, Lactalis devait savoir pour la contamination. Mais, en raison de souches de salmonelle peu dangereuses, il pensait que la direction avait « laissé filer ».

Le ministre de l’agriculture nie toute défaillance de l’Etat

L’article du Canard Enchaîné révèle aussi que le groupe était au courant de la présence de salmonelle dans l’usine. Des traces avaient été trouvées lors de contrôles internes en août et en novembre sur du matériel de nettoyage et sur le carrelage. Or des contrôles ont été réalisés en septembre par les services vétérinaires. Rien n’avait été détecté.
Les contrôles « ont été faits sur un site qui ne correspond pas à l’endroit où est produit le lait infantile, c’est pour ça que nous n’avons rien trouvé », a indiqué le ministre de l’agriculture Stéphane Travert jeudi sur France Info.
Le ministre a écarte toute responsabilité de l’Etat : « L’Etat n’a pas été défaillant (…), nous ne pouvions pas savoir », a-t-il insisté.

Le groupe Lactalis a une certaine tradition d’opacité. Une enquête judiciaire est en cours.