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Réaction immunitaire

Leishmaniose : le parasite est plus virulent le soir

Par Anne-Laure Lebrun

Les agents pathogènes guetteraient le moment propice pour nous infecter. Et cette période est dépendante des rythmes circadiens du système immunitaire. 

bergamont/epictura

Notre organisme serait plus vulnérable aux infections à certains moments de la journée, suggère une étude publiée dans Scientific Reports. Une vulnérabilité qui n’aurait rien à voir avec une variation de la température ambiante. Non, c’est plus étonnant que cela.

Des chercheurs de l’université de McGill et de l'institut universitaire en santé mentale Douglas (Canada) ont montré que le parasite responsable de la leishmaniose est plus susceptible d’infecter les êtres vivants en début de soirée. Pour ce microbe, c’est la période idéale car elle correspond au moment où la réaction immunitaire est la plus forte. Autrement dit, la période au cours de laquelle les globules blancs sont les plus actifs et les plus nombreux.

A première vue, ce mécanisme semble paradoxal. Il est, de fait, surprenant qu’un agent pathogène se jette dans la gueule du loup. Mais en réalité, ce processus est très ingénieux. Les parasites du genre Leishmania ont besoin des globules blancs pour infecter l’organisme. Ainsi, plus ces cellules immunitaires sont nombreuses, plus les risques de contamination sont grands.


Développer des moyens de prévention

Et pour être encore plus efficace, le parasite est transmis par un insecte vecteur, le phlébotome, qui pique essentiellement à la nuit tombée. « Nous savions déjà que les infections virales et bactériennes étaient contrôlées par l’horloge biologique de notre système immunitaire, mais c’est la première fois que nous le montrons pour une parasitose, et en particulier une maladie transmise par un vecteur. »

Cette découverte réalisée chez la souris devrait contribuer au développement de traitements, voire d’approches préventives contre la leishmaniose. A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin ou traitement prophylactique pour se protéger de cette maladie qui touche plus de 2 millions de personnes dans le monde.