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Afrique du Sud

Greffe de pénis : deux ans après, le patient se porte bien

Par Anne-Laure Lebrun

Amputé à 18 ans après une circoncision rituelle, le jeune homme a bénéficié de la première greffe de pénis à partir de donneur décédé. 

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C’est une opération rare mais que semble maîtriser à la perfection une équipe sud-africaine. Deux ans après leur première greffe de pénis, elle rapporte dans The Lancet que le jeune homme de 23 ans se porte très bien.

En mars 2015, ce succès avait fait les gros titres des journaux. Trois mois après l’intervention, le Pr Andre van der Merwe, patron de l'unité de neurologie de l'université Stellenbosch (Afrique du Sud),  a raconté comment il avait greffé le pénis d’un donneur chez un jeune homme de 21 ans amputé 3 ans plus tôt à la suite d'une circoncision rituelle qui s'était compliquée en gangrène.

Baptisé l’ukwaluka ou ulwaluko, cette circoncision est un rite de passage à l’âge adulte pour les jeunes hommes de la tribu Xhosa. A 18 ans, ils quittent leur uniforme de lycéen pour se raser la tête, recouvrir leur corps d’argile blanche et s’enfouir dans d’épaisses couvertures. Ils sont ensuite emmenés hors de la ville pour subir l’ablation du prépuce sans anesthésiant, désinfectant et antibiotiques.
La cérémonie d’initiation se poursuit pendant 3 ou 4 semaines au cours desquelles ils sont isolés, privés parfois d’eau et de nourriture. S’ils survivent à ces épreuves, ils seront des hommes. L’ancien président Nelson Mandela a fait partie des « initiés ».


Un rite d'initiation mortel

Mais si Madiba a survécu et n’a pas présenté de séquelles, des centaines de jeunes sud-africains n'ont pas cette chance. En 2015, une quinzaine de garçons sont morts en raison des complications. Deux ans avant, une trentaine de décès était à déplorer. Et chaque année, des centaines doivent subir une amputation à l’instar du jeune homme opéré par le le Pr Andre van der Merwe.

Dans The Lancet, il raconte que l’opération a duré plus de 9 heures. Le donneur avait 36 ans et était en état de mort encéphalique. Au cours des mois qui ont suivi l’intervention, plusieurs complications ont obligé les médecins à opérer de nouveau ou à réduire les doses d’immunosuppresseurs.


Jeune papa

Un processus complexe et lourd qui n’a pas menacé sa vie sexuelle. Un mois et une semaine après l’intervention, il a rapporté avoir eu un rapport sexuel très satisfaisant. Il avait pourtant ordre de rester chaste encore quelques temps. Et 24 mois après sa greffe, le patient a un des rapports sexuels réguliers. Il est d’ailleurs devenu papa 6 mois seulement après son opération.

Un parcours qui devrait rassurer les candidats à la greffe ou les patient tout juste opérés. L’équipe sud-africaine a déjà opéré deux autres hommes depuis. Les Etats-Unis ont aussi réalisé une greffe à partir de donneur décédé en mai 2016.