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Cancer du sein, cancer du côlon...

Cancer : le recours unique aux médecines alternatives diminue les chances de survie

Les risques de mourir d'un cancer augmentent si les patients optent pour les médecines alternatives, sans les traitements traditionnels. 

Cancer : le recours unique aux médecines alternatives diminue les chances de survie photographee.eu

  • Publié 19.08.2017 à 12h11
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Plantes médicinales, yoga, naturopathie, acunpunture… Si les médecines alternatives ont fait leurs preuves dans bien des domaines, elles ne permettraient pas d'augmenter les chances de survivre à un cancer sans recourir aux traitements traditionnels. Tels sont les résultats d'une nouvelle étude menée par des professeurs de l'université de Yale et publiée dans The Journal of The National Cancer Institute.

5 fois plus de risques pour le cancer du sein

L'étude a été menée sur 560 patients atteints d'un cancer et soignés avec des traitements standards, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie. Les chercheurs ont comparé ce groupe avec un autre composé de 280 patients- sans métastase- qui ont préféré se tourner vers les médecines alternatives. Au terme de l'expérience, les médecins ont identifié un risque accru de décès chez ceux qui ont recouru uniquement aux méthodes alternatives.

Ces risques concernent trois types de cancer. Le cancer du sein enregistre le taux de risque de décès le plus fort, avec 5,68 plus de risques de ne pas survivre en ne passant que par les méthodes alternatives. Viennent ensuite le cancer du côlon et le cancer du poumon, où les risques de mourir sont respectivement quadruplés et doublés. Un tiers des patients pro-médecines alternatives atteints de cancer colorectal était ainsi en vie cinq ans après le diagnostic contre 79 % de ceux traités classiquement, selon l'étude.

Les auteurs de ces travaux n'ont en revanche pas observé de différence significative pour le cancer de la prostate (86,2% de survie chez les pros-médecines alternatives contre 91,5% chez ceux qui optent pour un traitement traditionnel). Selon l'auteur principale de l'étude, Skyler Jonhson, ces résultats sont dus au fait que le cancer de la prostate "se développe généralement très lentement au début et sur de nombreuses années". De plus, le chercheur n' écarte pas la piste des surdiagnostics.

Des résultats "sous-estimés"

En moyenne, les risques de décès liés au cancer seraient donc multipliés par 2,5 en moyenne, selon le type de cancer, concluent les chercheurs. Mais d'après le Pr Johnson, ces résultats seraient sous-estimés, si l'on tient compte des profils des patients qui ont participé à l'étude. "Nous ne connaissons pas le nombre exact de personnes qui décident de recourir à une médecine alternative au lieu d'un traitement conventionnel contre le cancer", admet le scientifique, qui a noté une réticence de la part de certains patients à se confier sur la nature des traitements auxquels ils recourent.

Sans compter, a-t-il précisé à l'Agence France Presse, que certains patients ont commencé par se traiter aux méthodes alternatives avant de se tourner vers les traitements classiques pour empêcher la maladie de progresser. Si ces derniers s'en étaient tenus aux médecines alternatives, le risque de décès aurait donc pu s'avérer encore plus important. Les chercheurs indiquent également que les patients du groupe pro-médecines alternatives étaient jeunes, en bonne santé, et présentaient un meilleur niveau d'éducation et de revenus que ceux de l'autre groupe.

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L'activité physique augmente les chances de survivre au cancer

Si l'étude alerte des dangers de recourir uniquement aux méthodes de médecine alternatives, cela ne signifie pas pour autant que ces dernières sont inefficaces. Loin de là, puisque de nombreuses études ont démontré que lorsque les médecines alternatives sont jouxtées par des séances de chimiothérapie, elles peuvent considérablement augmenter les chances de survie. C'est surtout vrai pour la pratique d'une activité physique régulière. En effet, selon une étude parue en mai 2016 dans la revue JAMA Internal Medicine, être actif au moins 150 minutes par semaine (soit un peu moins de 3 heures) diminuerait le risque de développer 13 cancers différents, dont le cancer du côlon et la cancer du sein.

Pas étonnant donc que les médecins préconisent aux patients de faire du sport (en plus des traitements traditionnels dont ils bénéficient déjà) pour accroître leurs chances de guérison. En France, l'association Cami Sport et Cancer propose notamment tout un dispositif de programmes spécifiques adaptés aux personnes atteintes de cancer, en fonction de leur maladie, de leur traitement et de leur douleur. Et les patients adhérent, puisque d'après le baromètre Cancer de l'Institut Curie, 3 Français sur 4 estiment que les traitements médicaux classiques pour soigner le cancer doivent s’accompagner de soins complémentaires…dont le sport.

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